Départementales : La candidature qui rassemble la Droite, le Centre et la Gauche

Les hommes et femmes politiques de tous bords étaient présents ce mercredi après-midi dans l'Est. Un nouveau binôme a présenté sa candidature pour le canton 8 (Saint-Benoît 2, Sainte-Rose, Saint-Philippe) et rassemble de la Gauche à la Droite, d'où le nom du mouvement "Trait d'union."
La candidature d'Olivier Rivière (DVD) est alliée à celle de Géraldine Boulevard (DVC). Ces deux élus seront suppléés par un binôme venu de Saint-Benoît, de la Gauche (Alicia Hayano, de la majorité de Patrice Selly) et de la Droite (Patrick Dalleau, conseiller municipal bénédictin d'opposition).
Des ténors présents pour les soutenir
Cette alliance de Gauche à Droite a notamment pris une toute autre dimension avec la présence à la conférence de presse de "Trait d'Union" de deux élus de premier plan issus de deux familles politiques.
Didier Robert, président du parti politique Objectif Réunion et président de la Région Réunion a été rejoint autour de la table par Michel Vergoz, ancien socialiste, actuellement maire de Sainte-Rose sans étiquette (mais classé comme centriste par l'Etat lors du dernier scrutin).
Pourquoi une telle union ?
Olivier Rivière, maire de Saint-Philippe, assure que la situation nécessite une prise de conscience des élus au-delà des couleurs politiques : "Nous devons avoir plus de cohérence et d'efficacité pour plus de solidarité. Le Département doit être un 'supra-CCAS'. La crise des gilets jaunes et la crise sanitaire sont passées par là et les familles font face à des difficultés réelles. On ne peut pas juste se contenter de quelques millions d'euros."
Il ajoute : "Ces crédits dégagés sur l'investissement doivent être réorientés sur la réhabilitation des collèges. Je prends l'exemple du collège Bory de Saint-Vincent à Saint-Philippe. J'ai quitté ce collège il y a pas mal d'années et le Département entre temps a pris la décision de réaménager le réfectoire en mettant en place des préfabriqués qui devaient être provisoires le temps des travaux. Nous sommes 20 ans après et les collégiens mangent toujours dans ces préfabriqués", déplore l'édile saint-philippois.
Son binôme, Géraldine Boulevard, adjointe à la mairie de Sainte-Rose et conseillère départementale est catégorique : "En cette période de crise sanitaire et économique, le rôle du Département est plus que jamais essentiel pour soutenir les citoyens, les agriculteurs et sauver les entreprises."
C'est après ce dur constat qu'elle explique : "Cette période nécessite des réponses qui nous unissent. Par-delà les postures partisanes, il ne faut pas oublier l'unique mission qui nous a été donnée, défendre les familles réunionnaises."
Le choix d'écarter les divisions
"Il ne s'agit pas de se renier. Nous sommes capable de travailler ensemble pour le meilleur de notre pays. On n'a pas besoin de réforme institutionnelle pour se mettre ensemble", argue Michel Vergoz.
Le maire de Saint-Rose déclare : "Nous n'avons pas mandat pour nous diviser mais pour se rassembler, il y a un trait d'union entre nous. C'est dans cette optique que je suis allé avec mon collègue de St-Philippe".
Des colistiers plutôt que des suppléants
Le mouvement "Trait d'Union" assure que ce sont 4 élus qui siégeront au Conseil départemental. Alicia Hayano affirme par ailleurs : "Nous sommes un binôme plein de savoir-faire et j'ai déjà travaillé avec Géraldine. Une compétence sur laquelle j'aimerais attiré l'attention, c'est le choix fait par le Département sur le maintien des personnes âgées à domicile. Je suis infirmière et il y a dysfonctionnement. Les dispositifs sont là mais bon nombre de nos concitoyens ne savent pas qu'ils existent."
Patrick Dalleau ajoute pour sa part : "Les prochaines échéances sont déterminantes pour l'aménagement de notre territoire. Une cohérence est indispensable. La compétence économique de la Région est indispensable, trop de familles à La Réunion sont en difficulté et n'arrivent plus à joindre les deux bouts."
L'importance d'un lien entre la Région et le Département
"Le développement de La Réunion s'est fait au fil des ans avec bonheur, mais il y a des points sur lesquels nous sommes peut-être passés à côté. L'Est a trop souvent, et j'ose le terme, été le parent pauvre de ce que nous avons mis en oeuvre pour le développement. Il est temps de rattraper tout cela avec un programme d'investissement, d'écoute, de proximité pour être aux cotés plus pauvres et que la mission portée par le Département soit celle de l'équilibre du territoire. Dans l'Est nous avons besoin de fournir un effort supplémentaire. Et il faut que ceux qui seront aux responsabilités au Département et à la Région soient des facilitateurs", déclare Didier Robert.
Le président de Région insiste sur l'importance d'une cohérence entre les deux collectivité : "Dans notre pays, ce ne sont pas les euros qui manquent. Nous arrivons, parce que les projets de La Réunion sont sérieux, à convaincre Paris, les partenaires financiers et la Commission européenne. Mais ce qui manque ici, c'est la cohérence politique publique."
Il conclut : "Il faut que La Réunion marche sur ses deux jambes. En 2007, nous avons créé Objectif Réunion et dans nos statuts, il y a deux piliers: celui de l'union et celui d'une nécessaire renouvellement de la classe politique. Nous avons à construire une dynamique d'unité réunionnaise à travers un projet Département/Région."


