Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

Départementales et Régionales : Où aller ensemble ?

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 18 novembre 2020 à 08H30

Le « modèle » réunionnais   se trouve dans une impasse stratégique.  En dépit de certaines réussites,  il montre ses limites dans quasiment tous les domaines. Les prochaines élections départementales et régionales  qui concernent l’ensemble de l’île, sont l’occasion  d’élaborer un nouveau projet pour La Réunion.

Tous les prétendants vous diront qu’ils ont un projet « réunionnais » ou proclamé tel. Ce sont des programmes-catalogues touchant tous les secteurs, même ceux ne relevant pas du champ de compétence de l’institution concernée par l’élection. Réalisés sans boussole, simple exercice obligé, ils ne sont, évidemment, jamais respectés.

 Le « modèle » réunionnais étant, dit-on, « à bout de souffle », il importe, progressivement, de lui en substituer un autre. Il n’y aura pas de « Grand Soir » et comme l’a dit Fernand Braudel, «les réalités structurelles (sont)  très lentes à se mettre en place ». Il ne s’agit donc pas comme actuellement de se contenter de gérer des crédits au jour le jour, mais d’agir dans la durée pour la transformation économique, sociale et culturelle de l’île. Pour cela, il faut, au préalable, avoir « une certaine idée de La Réunion »,  fixer un cap.

Un vrai projet suppose en effet une vision stratégique. Quelle Réunion voulons-nous ? Hier colonie exploitée, elle forme aujourd’hui une collectivité française et européenne assistée, dépendante des crédits publics qui structurent son édifice économique, social, mental... Ce modèle laisse en marge près de la moitié de la population vivant de minima sociaux ou/et en dessous du seuil de pauvreté. Entre chômage, clientélisme et perte de repères perdurant sur des générations, quel homme réunionnais façonne-il ? Face à la dépendance et à l’assistance, le nouveau modèle ne peut être qu’une Réunion responsable. Arrêtons-nous sur ces  deux mots essentiels : Réunion, c’est-à-dire une île reconnue en tant que telle ; responsable c’est-à-dire comptant davantage sur ses propres forces, sans remettre évidemment en cause son appartenance à la République.

C’est là que les mots de « projet réunionnais » prennent tout leur sens, au lieu de n’être qu’une accroche pour électeurs sur documents de propagande.  Devenir  une Réunion responsable nécessite des orientations stratégiques de moyen et long termes : il s’agit de passer d’une assimilation jacobine aliénante à la reconnaissance de la spécificité réunionnaise ; de   l’illusion du « rattrapage », cette carotte brandie sous le nez de l’âne,  à la construction d’une trajectoire territoriale propre à La Réunion;  d’une économie de rente essentiellement basée sur la consommation soutenue par les transferts publics  à une économie davantage productive fondée sur nos atouts et ceux de notre environnement géographique…

Ces orientations stratégiques transversales  se traduisent évidemment par des mesures sectorielles (éducation, agriculture, coopération régionale, culture…) qu’elles éclairent et mettent en cohérence, auxquelles elles donnent du sens…   
Faute de vision et de méthode, comme par le passé, ces échéances électorales risquent d’être encore des occasions manquées, des équipes interchangeables se substituant l’une à l’autre, sans que, ainsi qu’on le constate depuis des décennies, les problèmes ne soient résolus. L’heure n’est plus à l’alternance électorale, mais à une alternative politique.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :