Je propose l'introduction solennelle du service de la douane de La Réunion au sein du Panthéon de la République ou, à défaut, son inscription au Patrimoine Mondial de l'Humanité !

De quoi s'agit-il ? Il s'agit d'un malheureux ordinateur portable acheté au Tampon le 7 avril 2015 et que j'ai oublié à Paris le 25 septembre, jour de mon retour dans notre île. Le cousin chez lequel je séjournais l'a alors confié à la poste de son quartier le 30 septembre.
Le 12 octobre m'inquiétant de n'avoir aucune nouvelle de mon colis, je consulte la fiche de suivi et je découvre que celui-ci est arrivé dans l'île depuis le 7 octobre mais que, sans que la poste n'ait jusque-là daigné m'en aviser, il est resté bloqué par la douane. Je me rends alors au bureau de poste du Tampon pour demander ce qu'il me faut faire pour débloquer les choses. La guichetière m'indique qu'il faut que je fasse parvenir à [email protected] la facture de l'ordinateur. Comme, par chance, j'avais conservé cette facture, j'expédie aussitôt une copie de celle-ci à l'adresse indiquée. Je ne reçois aucun accusé réception et je n'aurais d'ailleurs jamais aucune réponse aux différents courriels que j'expédierai à cette adresse.
Le 16 octobre, la poste se réveille pour me signaler par un courrier que je dois lui faire parvenir la copie de la facture que lui réclament les douanes. Bien que cette facture leur ait déjà été envoyée, je renouvelle docilement son envoi. Mais toujours aucune réaction de leur part et je retourne à plusieurs reprises au bureau de poste pour faire connaître mon impatience et mon énervement croissant devant un aussi manifeste mépris de l'usager.
Le 2 novembre, le facteur sonne au barreau. Je commence à me réjouir car c'est mon colis que celui-ci vient livrer. Mais je dois aussitôt déchanter car, avant de me permettre d'en disposer, il prétend me faire préalablement payer la somme de 46€ (28€ d'octroi de mer + 18€ de « frais de dossier »). Scandalisé par cette exigence qui me paraît totalement injustifiée, puisque concernant un objet que j'ai acheté ici, au Tampon, et que j'utilise régulièrement depuis 5 ans, je me refuse à obtempérer.
Le facteur repart alors avec mon colis ! Chose curieuse, sur le bordereau de la douane que je suis en mesure d'examiner, je découvre que mon ordinateur est évalué par les douaniers à 709€, alors que, comme le prouve la facture que je leur ai transmise, je n'ai déboursé que 679€ pour en faire l'acquisition 5 ans auparavant ! C'est à croire que les ordinateurs, à l'instar des bons vins, se bonifient avec le temps et renchérissent avec les années. Dans 10 ans, ce malheureux ordinateur, à combien sera-t-il donc évalué ! On se croirait décidément chez Kafka...
Moi, je retourne alors au bureau de poste pour exprimer une nouvelle véhémente protestation. L'accueil n'est pas très bon : « On n'est pas responsable ; nous, on n'y peut rien, c'est la faute à la douane... » Pour se débarrasser de moi, on finit cependant par me communiquer deux numéros de téléphone, lesquels, bien sûr, ne répondront jamais à aucun de mes appels.
Ma démarche n'aura cependant pas été totalement inutile car, l'après-midi même, un postier m'appelle au téléphone, se montre très compatissant à mon égard et, de façon tout-à-fait courtoise, me demande de rédiger une attestation signée, certifiant que l'ordinateur litigieux est bien ma propriété. Cette attestation, ils se chargeront, eux, de la transmettre à la douane. Je m'exécute illico et dépose dare-dare ladite attestation au bureau de poste.
Depuis ce jour (3 novembre), plus rien. Puis-je espérer que ces beaux messieurs de la douane, ces intraitables altesses pour qui nous autres ne sommes apparemment que viles et méprisables créatures indignes d'intérêt, consentent enfin à me restituer mon ordinateur avant les fêtes ou serait-il, de ma part, plus prudent que je me fende d'une petite bafouille larmoyante au Père Noël ?
A. P., le 09/11/2020
Copies à la Préfecture, à la Région, au Conseil Général, à la Mairie du Tampon, à mon député.
(La prochaine fois, juré, je transmets mes récriminations au Président de la République en personne !)


