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La chute de la démocratie américaine

Ecrit par zinfos974 – le lundi 9 novembre 2020 à 16H11
Tocqueville  avait  vu  juste  quand  il  avait  diagnostiqué  en  1835  les dangers  de la  « démocratie »  à la mode  américaine : médiocrité  du personnel politique , dictature  de l'opinion , tyrannie de la majorité , repli  dans un individualisme  forcené  . 
 
Mais  il y a  deux  points sur  lesquels  il s'est  lourdement trompé :  l'égalisation des  conditions n'est pas advenue   et la  stabilisation  bureaucratique des institutions a laissé place  à  un chaos.
 
Il ne pouvait  pas,   à l'époque,  prévoir  qu'associé  au développement  des médias  de masse et  à la corruption des mœurs ,  le  mouvement de l'histoire allait   tout droit conduire  à   une  explosion  du système. 
 
Signe avant coureur d'une  apocalypse démocratique  , l’élection présidentielle américaine  a pris cette année une tournure de mauvais scénario hollywoodien, renvoyant l’image d’une démocratie malade et d’une société très profondément fracturée. 
 
Le système électoral américain en tant que tel n’est pas à remettre en cause, quand bien même certains points semblent interroger et  notamment  le régime de financement  des campagnes et surtout  le mécanisme de suffrage  indirect pour désigner le président  fédéral . 
 
Mais  n'oublions pas  que  les USA  sont  une fédération d'états  et ils  ont  voulu  se protéger  ainsi  de la  domination des certains  d'entre  eux. 
 
Ce  qui  pose  le plus problème  aujourd'hui  c'est  évidemment la question du vote par correspondance et l’absence de réel contrôle de cette procédure, ouvrant évidemment la voie à toutes les manipulations possibles. 
 
Or  ce  mécanisme  de  vote  par  correspondance  s'est  cette  fois  généralisé  puisqu'il a   mobilisé : plus  de 40% des  votes .
 
En France  l' idée de rétablir ce système , supprimé en 1975 à cause des nombreuses fraudes qu'il générait , a été rejetée. 
 
C'est un système qui permet totalement la fraude, car vous n'êtes sûr ni de l'émetteur ni du récepteur", tranche Jean-Pierre Camby, professeur d'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, ancien haut fonctionnaire à l'Assemblée nationale et auteur de Bureau de vote, mode d'emploi (éditions Dalloz) .
 
La  liste des fraudes  est   longue  et facile  à mettre  en œuvre :  faux  émargements , bourrage  d'urnes, envoi  des bulletins  d'une  seule  liste   , achats  de  voix  auprès  des publics  les plus fragiles,  fausses inscriptions sur  les listes électorales , récupération des bulletins  de vote . 
 
Les  élections  consulaires  en France   ( chambre de commerce   , chambre  d'agriculture   , chambre  des métiers ) sont  organisées  suivant  ce mode   de scrutin et  on sait  qu'à La  Réunion  , mais probablement  ailleurs  aussi  de manière  plus discrète, les tricheries  sont  légion. 
 
Les tricheurs  ne manquent  pas  d'imagination  et l'appel   à  des  outils  informatiques  rend  leur tâche  encore plus aisée. La mise   en œuvre  suppose  évidemment que l'organisation du  scrutin  soit  contrôlée  par  un parti  , ce qui  est  le  cas  aux  US , au niveau  des états  ou des  comtés.
 
Nous n'avons évidemment pas  de leçons  à  donner  aux  USA . Chez  nous de la même façon, l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron a été rendue possible, on le sait, grâce au raid médiatico-juidiciaire permettant d’une part la disqualification expresse de son principal concurrent en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et grâce au ralliement caricatural de la quasi-totalité des médias («faites ce que vous voulez, mais votez Macron !»).
Le même ver du  traficotage de la volonté  populaire sont apparus  , de manière  plus  pernicieuse encore  , lors du  «non» au référendum de 2005 contre le Traité constitutionnel européen. On se rappelle qu'il a été contourné par la trahison parlementaire du Traité de Lisbonne.
 
 
Mais  en fait  tout cela  n'a  pas grande  importance : l'élection du  président  américain n'est  qu'une  grande  kermesse , où s'écharpent ,  à  coup  de dizaines de millions  de dollars ,  de mauvais  acteurs, avec des  castings hétéroclites   depuis  le vendeur  de cacahuètes , en passant  par  le  fringant  cow boy , le vrai alcoolique et le repenti   , l'obsédé sexuel , le  fou d'estrade. Aux  États  Unis  ce  n'est pas   lui  qui  gouverne  réellement : c'est le  Congrès  et les juges  qui tiennent  le manche. Dans certains  états,   comme  en Californie ,  la  démocratie  directe est largement  mobilisée . 
 
Le Président  n'a en fait  que  deux  champs  de  compétence exclusive : les relations  internationales  et  l'armée . Il maîtrise  par  ailleurs  partiellement  les dossiers   à portée  fédérale  comme  l'immigration . C'est  ce qui  donne  de la  visibilité   à  son action  pour  les gens de l'extérieur , mais   pas   pour le  citoyen  américain  moyen , dont  les affaires  sont réglées  au  niveau  de l'Etat ou  du  comté. 
 
Alors  qu'est  ce qui   nous reste  pour  juger  de la portée  réelle de cette élection ?
 
 
Eh bien à l’occasion de cette élection,  les électeurs des différents Etats étaient appelés à se prononcer également sur d’autres questions.
 
Verdict: ce sont les républicains de Floride qui ont voté pour le relèvement des bas salaires, tandis que les démocrates californiens , à l’âme si généreuse, so cool, refusaient par référendum, entre un smoothie bio et une séance de yoga feng-shui, de consolider le statut précaire des travailleurs de l’ubérisation. Ils ont refusé aussi de prolonger le mécanisme de discrimination positive.
 
Les deux états où l'on compte le plus d'afro américains, la Louisiane et le Mississippi (plus du tiers) ont voté Trump.
 
Le Maryland qui a le régime carcéral le plus répressif a voté Biden.
 
Rappelons  nous  aussi que c'est Obama qui a fait bombarder la Lybie et Trump qui a évacué les troupes de Syrie. 
 
Voilà !  après  cela  on  évitera  de  penser  de travers  en assimilant  socialistes français et  démocrates américains. Le parti démocrate se situe  historiquement   du  côté des  sécessionnistes et  des esclavagistes . Il est devenu  un moment un peu « progressiste » , en passant par  la  case  mafieuse  de  Détroit  Chicago, avant  de plonger dans la gentrification, comme l'a si bien  analysé Thomas Piketty, dans son dernier ouvrage.

 

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