Piéton fauché : l'automobiliste qui ne s'est pas arrêté condamné à 1 an de sursis

Le drame s’est déroulé sur la quatre-voies, proche de Bras-Panon dans la nuit du 14 au 15 juillet 2018. Un piéton est percuté vers 2 heures du matin. Le conducteur de véhicule prend la fuite. La victime âgée d’une cinquantaine d’années est décédée des suites de ses blessures.
Mais la particularité de l’affaire est que la victime n’avait pas à être là. Ivre, le père de famille avait été hospitalisé en début de soirée. Sans accord des médecins, il s’était malgré tout enfui de l’hôpital. Au moment de l’accident, il s’est endormi à côté de la voie de droite, la tête placée vers la rambarde de sécurité et les jambes dépassant sur la route. Le test d’alcoolémie a révélé trois grammes par litre de sang.
Il pensait que c’était un chien… mais "le doute était là"
Un manque de bol alors, pour le jeune conducteur de 27 ans, sans casier judiciaire, qui rentrait du travail. Selon l’expert, il roulait entre 90 et 110 km/h. Fatigué, il se serait endormi sur la route et la voiture aurait dévié. "J’ai entendu un bruit et ça m’a réveillé, raconte-t-il, j’avais pas compris comment ça s’était passé". Il aurait regardé dans son rétro et autour de lui, mais rien. Il s’arrête à la station-service quelques mètres plus loin et constate les dégâts. "Un chien, je me suis dit, vu que le 14 juillet il y en a beaucoup sur les routes", affirme-t-il devant le tribunal. "Mais je pensais que ça pouvait être quelqu’un. Je me suis rassuré, effectivement, mais le doute était là".
Ce qui dérange le tribunal ce sont les minutes et les jours qui ont suivi. Aucune manifestation du conducteur. Il n’est pas retourné sur le lieu de l’accident, cette nuit-là. Il indique avoir tout de même "regardé la presse pendant deux, trois jours, mais je n’ai rien vu".
Pour la procureure, comme c’est souvent le cas dans les homicides involontaires sur les routes, "ce sont toujours des faits dramatiques qui brisent des vies". Peu de choses à lui reprocher, sauf sa conduite en état de fatigue et le fait de ne pas être allé "jusqu’au bout de son devoir citoyen" et de vérifier qu’il s’agissait bien d’un chien.
Ce vendredi matin, 2 ans de prison avec sursis ont été requis à son encontre ainsi qu'une suspension de permis pendant un an. Mais le jugement sera plus clément. Il a été condamné à un an de prison avec sursis et 400 euros d'amende.


