Viande jetée : "C'est vrai que ce genre d'images peut choquer" concède Vindémia

Zinfos974 : Pouvez-vous nous dire quel était le problème sanitaire rencontré sur ce lot?
Arnaud Poussineau : C'est un problème que nous avons rencontré à la réception de la marchandise. Tous les produits de la sorte sont contrôlés par notre service qualité. Il s'avère que, sur ce lot, nous avons identifié un problème qui rendait ces produits impropres à la consommation, car ils présentaient un risque sanitaire potentiel pour le consommateur.
Dans ces cas, qui sont très rares, les produits sont isolés et font l'objet d'une procédure de destruction. Pour être très clair, ce sont des produits qu'on reçoit normalement sous vide, mais cette fois, le sous vide avait craqué, nous n'avions donc plus la protection des produits dans le sous vide, avec le risque de contamination bactériologique qui s'ensuit. Dans ces cas-là, la priorité, et c'est la législation qui l'impose, en plus de la déontologie de l'entreprise, est bien évidemment de ne prendre aucun risque sanitaire.
Zinfos974: Quant aux invendus en limite de péremption, vous dites collaborer avec la Banque Alimentaire des Mascareignes. Avez-vous une idée du volume annuel transmis à la BAM ?
Arnaud Poussineau: Tout d'abord, ce qu'il faut savoir, c'est que dans 99% des cas, lorsqu'on a une non-conformité de mise à la vente d'un produit, il reste consommable. Ce n'est pas parce qu'il n'est pas mis à la vente qu'il n'est pas consommable. Ces produits sont donc réinjectés dans un circuit de dons, notamment auprès de la BAM. En 2018, nous avons fait don de 235 tonnes de marchandise.
Nous entretenons une collaboration formelle avec la BAM depuis 2013 pour Jumbo et l'entrepôt, et le contrat a été revu en 2016 pour intégrer le réseau Score. Parallèlement, nous avons un autre partenariat pour les produits de boulangerie, avec la Croix Rouge. Ce sont des produits que nous fabriquons le jour même et qui sortent des rayons le soir même. Nous donnons à la Croix Rouge nos invendus le soir même de leur fabrication, afin qu'ils soient redistribués aux plus démunis le jour suivant.
Les cas de destruction massive sont très très rares, et lorsque cela arrive, c'est que nous n'avons aucun moyen de faire autrement. C'est vrai que ce genre d'images peut choquer, mais il faut voir le côté rassurant de la chose : on prend toutes les dispositions possibles pour que les produits soient conformes en tout point aux critères d'hygiène et sanitaires.
Zinfos974: Cet employé qui a filmé cette destruction sera-t-il inquiété sur le plan disciplinaire?
Arnaud Poussineau: Étant donné la complexité de cette opération de destruction, car les opérations de destruction de viande doivent se faire en centre d'équarrissage et que l'on doit transmettre le produit brut, soit sans emballage, nous avons fait appel à du personnel extérieur. Des intérimaires ont enlevé les produits des cartons et plastiques, c'est l'un d'eux qui a pris la vidéo qui circule.
Zinfos974: Visiblement, cet intérimaire n'était pas au fait du caractère inconsommable de la viande qu'on lui avait ordonné de jeter.
Arnaud Poussineau: Exactement, et il s'est permis des commentaires totalement faux sur sa page Facebook. Notre objectif est de bien communiquer en interne vis-à-vis de l'ensemble de ces équipes pour expliquer que c'était la seule solution qu'on avait pour se séparer de cette marchandise, impropre à la consommation.
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