Philippe Robert fait le point sur l'ordre du jour du conseil municipal de La Possession

Comme vous le savez ce mercredi aura lieu un conseil municipal avec 35 affaires à l’ordre du jour. Un conseil une fois de plus éminemment politique sur lequel il y aurait énormément à dire. Cependant, j’irai à l’essentiel en développant particulièrement 4 affaires qui résument parfaitement la dynamique totalement démagogique et farfelue de l’équipe municipale actuelle, voire « suicidaire » sous certains aspects, pour notre commune.
Tout d’abord, je dois vous parler de l’affaire relative au vote du budget supplémentaire de la ville, dont il ressort un dérapage grave et extrêmement préjudiciable de l’équipe sortante. A noter à ce sujet, que La Possession est
certainement la seule commune de l’ile à ne pas voter les décisions budgétaires en début de conseil, compte tenu de leurs rôles majeurs pour le fonctionnement de la commune. A contrario, inscrire le vote d’un budget supplémentaire de cette importance en affaire 23 en plein milieu du conseil municipal relève soit d’une légèreté inquiétante, soit d’une tentative de faire passer la pilule incognito, en d’autres termes on appelle cela « Noyer le poisson »
Et à sa lecture, on comprend mieux pourquoi, il est en effet demandé aux élus de voter des dépenses supplémentaires à hauteur de plus de 660 000€ pour venir abonder les charges de personnel pourtant déjà extrêmement conséquentes. 660 000€ de plus réservés exclusivement à des recrutements, augmentations de salaires ou autres pour l’administration de la commune !
Un demi-million de dépenses supplémentaires supportées par nos impôts ! Ces mêmes impôts, faut-il le rappeler, que les Possessionnais ont déjà vu augmenter par 3 fois depuis 2015 !
C’est donc à cela que servent les efforts considérables et plus que contestables exigés par la maire sortante aux administrés : à payer ses largesses opportunistes de fin de mandat, qui disons le franchement visent en priorité à reconquérir le personnel communal, gravement malmené depuis ces 5 dernières années. Cette manœuvre gros doigts à moins de 7 mois d’une élection municipale, à laquelle, dois-je le rappeler, la maire sortante est d’ores et déjà candidate ne dupe personne.
Mais au-delà, on se souvient de la sévère mise en garde faite à la maire sortante par la Direction Régionale des Finances Publiques en 2017 qui pointait déjà du doigt le dérapage budgétaire de la majorité en matière de recrutement. Deux ans plus tard, même si le spectre de la mise sous tutelle s’est quelque peu éloigné, on reproduit les mêmes erreurs. Il est indéniable que ce BS est extrêmement alarmant et risque de mettre encore une fois en
péril les finances de la ville sur les prochaines années. En effet, ce BS de 660000€ qui vient équilibrer la ligne charges de personnel juste pour les 6 prochains mois sont nécessaires, on peut facilement imaginer qu’il en faudra 2 fois plus, soit 1 200 000€ de plus au budget de l’année prochaine avec une nouvelle augmentation d’impôts en vue !! Ce Budget supplémentaire que l’on essaye de faire voter discrètement entre deux affaires municipales courantes est en réalité très inquiétant et peut même s’avérer dramatique pour les finances communales.
Il appartient aux services de contrôle de l’État de s’en saisir afin de rappeler à cette municipalité que les finances publiques ne leurs appartiennent pas et n’a pas non plus vocation à servir les intérêts d’un mouvement politique aux
abois.
Seconde affaire plus légère mais qui ne peut être éludée est celle qui concerne la demande de protection fonctionnelle de Mme Lambert, élue déclarée inéligible par le conseil d’État pour trois ans. Pour rappel, Mme
Lambert est suspectée d’avoir favorisé le programme immobilier du lotissement Prévert à Pichette. Deux articles particulièrement précis et étayés de nombreux documents publics ont été consacrés à ce sujet par un site
d’information en ligne. Sur cette base, Mme Lambert estimant que les propos de ces articles sont diffamants à son encontre veut porter plainte et pour faire court, demande aux Possessionnais de régler la facture ! On pourrait presque croire à une blague tellement la situation est ubuesque ! Voilà donc une élue frappée d’inéligibilité par le conseil constitutionnel pour avoir fraudé sur son compte de campagne, soupçonnée de délit de favoritisme voire de prise illégale d’intérêts, avec des éléments de preuve accablants qui ne peuvent souffrir d’aucune contestation suite à leurs publications, qui adopte la posture de victime en portant plainte en diffamation et demande aux Possessionnais
de régler ses frais d’avocat ! Une requête aussi choquante qu’indécente mais tellement caractéristique du mépris de cette équipe vis à vis d’une population heureusement de plus en plus lucide. Plus c’est gros, plus ça passe !
Les deux dernières affaires que je souhaite évoquer avec vous, concernent les plans de financement des écoles Simone Veil et Jean Jaurès qui relèvent la encore d’une précipitation suspecte et d’une volonté à peine cachée de
maquiller la triste réalité.
S'agissant de la future école Simone Veil du Cœur de ville, qui soit dit en passant aurait dû être construite et livrée depuis 2 ans déjà, la municipalité sortante veut faire passer dans la précipitation un nouveau plan de financement entre l'état pour 60%, la commune pour 10% et la région pour 30%. Précipitation car les 3 millions d'euros du FEI viennent tout juste d'être obtenus mais les 2 millions de la Région au titre du plan de relance régional n'ont pas encore été validés par l’assemblée de la pyramide inversée...incompréhensible également car en juillet 2018 la maire sortante et son équipe annonçaient fièrement que l'école serait financée à hauteur de 70% par la Région dans le cadre de la convention particulière avec la ville, sous couvert de l’exploitation de la carrière des Lataniers. Mais où est donc passée cette manne financière providentielle depuis ? Comment est-on passé d'un financement de 70% à 30% ?
La convention avec la Région serait-elle devenue caduque ? C'est en tout cas ce que cette décision semble vouloir dire. En attendant, la maire sortante qui en 2014 expliquait aux administrés vouloir construire une école tous les deux ans n’est pas prête, cinq années plus tard, de poser la première pierre d’une école digne de ce nom, et ce n’est pas faute de s’agiter.
Enfin pour conclure et s'agissant de l'école Jean Jaurès, moins qu'une validation de plan de financement pour une nouvelle école, il s'agit plutôt d'une régularisation financière pour une école dont les 20 classes et le réfectoire ont été totalement rasés, afin d’y poser précipitamment, élections obligent, 6 modulaires colorés pour en faire de nouvelles classes…Mais malheureusement sans réfectoire ni préau qui viendrons comme par hasard après mars 2020 ! Une terrible désillusion pour les parents à qui la maire sortante, comme toujours la main sur le cœur, avait promis une école plus moderne avec plus de classes et plus de confort !
Mais ce n'est pas seulement à ce niveau que le bât blesse. En effet, pour la réalisation de ces travaux il a fallu lancer un marché de travaux avec un cahier des charges précis ; construire une école ne se fait pas à la légère.
Des entreprises ont dû y répondre et l'une d'entre elle a été retenue pour réaliser un programme à un prix qui convenait à la municipalité. Or, à la lecture de la délibération nous apprenons que le programme a été revu à la
baisse...par qui ? Quand ? Qu'en est-il alors du marché initial ? Sur quelle base a été rémunérée l'entreprise ? On peut légitimement se poser la question du cheminement de la procédure de marché dans ce dossier et avec quelle finalité réelle. Il serait regrettable d’apprendre que le code des marchés publique ait été contourné afin de pouvoir inaugurer une école, même au rabais, avant les élections...mais il semblerait au vu de la liste des affaires présentées en conseil que je qualifierais de « spécial enfumage municipal » que la priorité n’est pas aujourd’hui de bien faire mais d’être
présent médiatiquement, et ce à n’importe prix, quel qu’en soit les conséquences pour l’avenir de la commune !


