Gilets jaunes : Anaïs Patel demande au Président de la République la suppression de l’octroi de mer

Gilets jaunes : Anaïs Patel demande au Président de la République la suppression de l’octroi de mer et la mise en place d’un plan d’urgence pour les commerçants, artisans et agriculteurs réunionnais.
Suite aux blocages sans précédent que connaît notre département depuis le 17 novembre dernier, j’ai demandé au Président de la République un plan d’urgence pour les commerçants, artisans et agriculteurs réunionnais.
J’ai précisé que l’action des gilets jaunes va au-delà d’une simple revendication concernant le prix des carburants. Les politiques successives tant économiques et sociales des trente dernières années, n’ont fait qu’accroître les inégalités et aujourd’hui le bilan est lourd. 40 % de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté, 23 % de taux de chômage dont 50% chez les jeunes, 120 000 personnes en situation d’illettrisme… Autant d’indicateurs sociaux qui n’ont fait qu’accroître l’espérance de la population réunionnaise au début de ce nouveau quinquennat.
J’ai souligné que la population attend des mesures fortes de la part du gouvernement en vue de la visite prochaine de la Ministre des Outre-mer et qu’il appartient évidemment aux porte-paroles d’exprimer leurs nombreuses revendications.
Parmi ces revendications en faveur du pouvoir d’achat, j’ai annoncé au Président de la République que celle relative à la suppression de l’octroi de mer avec un maintien de la TVA à 8,5 % est fondamentale. J’ai rappelé que certains produits non fabriqués à la Réunion sont de 30 à 80% plus chers que sur l’Hexagone et que cette situation est inacceptable. En effet, les Réunionnais vivent majoritairement cet impôt colonial comme une injustice. J’ai donc proposé une expérimentation de 2 ans avec une suppression totale de l’octroi de mer et un maintien de la TVA à 8,5%. J’ai précisé que les 400 millions d’euros de bénéfice générés par l’octroi de mer pourront être financés par un autre moyen et que les solutions existent. J’ai proposé notamment de financer la perte de l’octroi de mer en redirigeant les millions d’euros perçus par les banques réunionnaises dans le cadre du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) vers les collectivités territoriales.
J’ai souligné, l’angoisse vécue par les petits commerçants et artisans ces dernières semaines dont certains ont connu des pillages de jour comme de nuit. Seules les grandes entreprises ont pu se financer des agents de sécurité privé et des maître chiens. Les petites entreprises ont dû surveiller leurs commerces et certaines ont assisté impuissantes à la destruction de leur outil de travail.
En plus de l’angoisse générée par cette situation, les blocages routiers et la pénurie d’essence a entrainé une perte de chiffre d’affaire de moins 50 % voire 100 %. J’ai précisé que les chefs d’entreprise et leurs salariés sont très inquiets et que nous devons donc anticiper la crise économique qui s’annonce. Nos TPE/PME sont un véritable moteur pour l’emploi sur notre territoire.
Je propose donc les mesures d’urgence suivantes pour les commerçants, artisans et agriculteurs :
• Annulation des dettes sociales et fiscales à compter du mois de novembre 2018 et jusqu’à la fin des blocages notamment gel immédiat de la CFE (à payer au 15 décembre).
• Déblocage anticipé du CICE avant la fin de l’année et majoration du CICE à 12% (habituellement versé aux alentours du mois de mai de l’année suivante pour les entreprises clôturant leur exercice au 31 décembre).
• Maintien du CICE majoré à 9% pour les entreprises réunionnaises pour les 3 prochaines années.
• Maintien du dispositif actuel de la LODEOM pour les 3 prochaines années.
• Mise en place d’un protocole d’accord entre le gouvernement et les organismes bancaires afin d’annuler tous les frais bancaires pour une durée 6 mois à compter du début de la crise.
• Toujours dans le cadre de ce protocole d’accord, mise en place d’un découvert bancaire exceptionnel pour chaque entreprise immatriculée depuis plus deux ans, équivalent à 50% du chiffre d’affaire.
• Augmentation de la prise en charge en cas d’embauche d’un salarié dans le cadre d’un contrat Parcours Emploi Compétences dans le secteur marchand de 70% du montant du SMIC brut (actuellement de 30%). Cette augmentation devra être rétroactive et aussi concerner les PEC déjà signés.
• Déblocage d’un fonds de secours exceptionnel équivalent à 100% de leurs pertes d’exploitation.
Anaïs PATEL
Chef d’entreprise
Candidate aux législatives


