Nouvelle-Calédonie: Pour le PCR, "un scrutin qui ne règle pas le problème de fond du pays"

Dans la Province Nord, le "Oui" a rassemblé 77,4 % des suffrages, pour un taux de participa- tion de 80 %. Dans la Province des îles, 82 % des suffrages se sont portés sur le "Oui", avec une participation de 61 %. Dans la Province Sud, c’est un tout autre résultat avec 26 % pour le "Oui" avec 83 % de participation. Le « Grand Nouméa » a voté à 78 % pour le "non", avec un taux de participation de 82 %.
Il faut également noter que des Kanaks ont suivi l’appel au boycott du scrutin lancé par les partisans d’un vote restreint seulement aux premiers habitants du pays, excluant donc les immigrés.
Objectivement, le "Oui" a donc globalement progressé.
Conscients de la situation fragile, des partisans du maintien dans la France ont déclaré que ce résultat ne remet pas en cause la poursuite du droit à l’autodétermination qui nécessite de construire un consensus. D'ailleurs, un autre référendum portant sur la même question est tou- jours possible, il suffit qu’un tiers du Congrès qui sera élu l’année prochaine soit favorable à cette idée. Or, les indépendantistes détiennent aujourd’hui 40 % des sièges au Congrès.
Paris l'avait d'ailleurs confirmé le 4 octobre dernier :" à l’issue des élections provinciales de 2019, si un tiers des membres du congrès de la Nouvelle-Calédonie le demandait, un deuxième référendum portant sur la même question sera organisé dans les dix-huit mois qui suivent cette demande. En cas de nouveau refus de l’accession à la pleine souveraineté, il pourra être suivi d’un troisième référendum ".
En conclusion, personne ne considère que ce scrutin puisse régler en quoi que ce soit les problèmes de fond de la Nouvelle Calédonie. Il y a une revendication transversale portée par l'ensemble des habitants, c'est celle de l'émancipation de cette ancienne colonie, émancipation qui aujourd'hui est loin d'être acquise. Tant que l'ancienne puissance coloniale ne règlera pas ce problème fondamental, les préjugés, les peurs, les haines et les incertitudes continueront à hanter la société calédonienne.
Les dirigeants parisiens agir rapidement pour ne pas laisser s'installer les frustrations. Ce qui est vrai pour la Nouvelle Calédonie l'est tout aussi vrai pour les anciennes colonies appelées les Outre-Mer français. Les responsables politiques de France sauront-ils enfin tirer la leçon?


