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Ombres et lumières

Ecrit par zinfos974 – le mardi 3 juillet 2018 à 10H46

Vous étiez des milliers,
Vous étiez vingt et cent,
A écrit le poète en un chant bouleversant.
Emportés par l'orage de Juillet,
D'une année de plomb en 1942.
L'Immonde vous a arraché à vos foyers à vos jeux.
Vous, les enfants des nouveaux gueux,
Celles et ceux qui n'aviez plus droit à rien
Puisque vous n'étiez pas de bons Aryens.
L'Inimaginable vous a ordonné de suivre l'étoile
Pas celle qui conduit à l'amour inaccessible,
Celle, qui conduit aux flammes de l'enfer.
Celle, qui vous a déposé au vélodrome d'Hiver.
Dans des bus dévoyés, sans joies, bondés,
Vos angoisses, vos peurs, coeur à coeur serrées.
Vous les petites Sarah, Judith, Salomé ou Simone.
Vous, les petits Samuel, David, Arnaud ou Jérôme.
Vos mains ont étreint celles de vos pères.
Vos doigts ont emmêlé ceux de vos mères.
Petits agneaux d'un long et douloureux troupeau
Que les seigneurs d'alors, conduisaient aux bourreaux,
A Buchenwald, Auschwitz, Birkenau ou Dachau.
Où êtes-vous, enfants aux innocences envolées
Par les manches de leurs sinistres cheminées?
Vos âmes pleurent dans nos voix.
Vos larmes inondent notre désarroi.
Vos rires, vos joies, vos chants, vos jeux,
Résonnent dans nos coeurs malheureux.
Vous oublier? JAMAIS!
Vous chérir? A JAMAIS!
Enfants, victimes de l'odieuse Barbarie,
Certains vous nient, renient vos âmes aujourd'hui.
Moi, le poète, je n'ai que mes mots
A poser sur vos coeurs d'enfants, de petits, de marmots.
Puissent ces simples rimes
Atteindre vos éternelles cimes.
Pour nous, vos soeurs, vos frères, vos cousins,
Vous serez toujours, près de nous, sur le chemin,
Le chemin de Liberté que vous avez à peine esquissé,
Sur lequel, la Bête n'a pas voulu que vous grandissiez.
A vous, Sarah, Edith, Judith, Simone, Salomé...
A vous, Salomon, Albert, Arnaud, Saül, André...
A vous, Enfants des Ombres,
Merci pour nos Lumières.
La nuit et le brouillard, un jour, vous ont étouffé,
Les lumières de vos ombres, toujours, vont nous réchauffer,
A JAMAIS.

Arnaud JOMAIN en hommage aux enfants de la rafle du Vel d'hiv en Juillet 1942 à Paris. 

Comme l'a dit Simone Veil déportée à Auschwitz en 1944 :
"Là-bas, je n'ai jamais pleuré, c'était au-delà des larmes".

 

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