Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

J'assume !

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 16 mars 2018 à 14H49

Ce propos, net et sans aucune bavure, ne vient pas de la bouche d’un quidam lambda, non, non. Il s’agit d’une réplique assénée  par le Président élu des Français. 

Quelles personnes  étaient visées par cette « phrase-couperet », « fermez-vos-gueules » ? Les grandes sociétés ? Les grandes entreprises ? Le capital ? Les riches ? 

Non, on ne doit surtout pas y toucher. D’ailleurs, les gouvernements précédents ont montré l’exemple. Mais, qui donc ? Eh bien…quels sont ceux qui ne peuvent pas se défendre, usés après une dure vie de labeur (parce que, eux, au moins, ils ont travaillé à la sueur de leur front pour vivre, faire vivre leurs familles, éduquer et organiser l’avenir de leurs enfants, payer tous leurs impôts)… les retraités. Et pourquoi, sœur Anne ? Parce qu’ils vivent très bien et qu’ils peuvent faire un effort financier sur leur retraite (propos présidentiels attribués), alors qu’ils n’aspirent qu’à une chose, vivre tranquillement et dignement leur fin de parcours de vie. 

Au 1er janvier 2018, quelle ne fut pas leur surprise de constater que le taux de CSG avait augmenté de 1,7 % (en réalité presque 1,84%). Ah, bien sûr, sur les pensions de retraite dont le montant dépasse 1.200 euros mensuels brut. Le résultat est que certains retraités ont une baisse de pension située entre 90€ et 300€ mensuels.

Voilà pour la mesure (et je me demande si cette loi ne relève pas d’une Question Prioritaire de Constitutionnalité), mais quel est son « pourquoi »?

Le gouvernement assure que la disparition de la taxe d'habitation finira par compenser cette hausse, qui se traduit par une baisse de revenus de plusieurs centaines d'euros par an pour certains retraités. Sauf que, certains des retraités, une grande majorité, continuerons à la payer. 

Donc, et tout d’abord,  les retraités doivent financièrement contribuer à une promesse de campagne devenue  loi  (par ordonnance) et à la suppression (partielle) d’un impôt qui  semblait égalitaire.

Et, ensuite, l’idée était de relever cet impôt prélevé sur tous les revenus (hic ! les pensions ne sont pas des revenus) pour redonner du pouvoir d'achat aux salariés des entreprises en baissant en même temps sur leur fiche de paie le montant des cotisations sociales. Or, les retraités paient la CSG mais pas ces cotisations : ils sont donc perdants. Sur les feuilles de pension, ce prélèvement vient s'ajouter à deux autres : la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), dont le taux est de 0,5%, et la contribution de solidarité pour l'autonomie (0,30%).

Pour les fonctionnaires, la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG), un impôt prélevé sur tous les revenus sert à financer la protection sociale. Mais les fonctionnaires, eux, ne s'acquittent pas des cotisations maladie et chômage : ils ne sont donc touchés que par la hausse de la CSG.

Afin de ne pas les léser, car ils subissent le gel des salaires, le gouvernement a mis en place d'autres mécanismes pour compenser la hausse de la CSG. Il a supprimé la contribution exceptionnelle de solidarité (CES, 1% des revenus) et créé une nouvelle indemnité, bien nommée "indemnité compensatrice", qui doit combler au centime près le manque-à-gagner.

Tout dernier point : Pour défendre sa réforme du système des retraites, Emmanuel Macron a demandé «un effort» aux retraités pour «les plus jeunes générations et pour récompenser le travail». Mais, les retraités apportent depuis longtemps déjà leur aide aux nouvelles générations, à leurs enfants et petits-enfants. De plus, lorsqu’ils étaient en activité, ils cotisaient pour leur retraite.

Les retraités constituent, finalement, une cible idéale : La CSG, la CRDS, la contribution Casa minorent le montant de leur pension, sans compensation. 

Relisons attentivement la devise de la République « Liberté, Egalité, Fraternité ».

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :