La fête est finie

C’était l’une des promesses les plus populaires du candidat Macron : garantir une prise en charge à 100 % d’ici à 2022 sur l’optique, le dentaire et les audioprothèses.
Sept mois après, patatras.
Le « reste à charge zéro » ne sera garanti que sur certains actes dérisoires, comptabilisés dans une offre impudiquement appelée « panier de soins négociés » . On a échappé de justesse à l’appellation « soins pour les pathologies négociées ».
A ceux qui ne seraient pas convaincus et objecteraient , Mme Agnès Buzin , ministre de la santé a crument répliqué, à la manière des marcheurs , « On n’est pas là pour offrir des montures Chanel à tout le monde.
Et ce n’est pas tout ! Pour compléter le tableau de l’imposture d’en Marche, cette aumône aux patients sera en fait financée par l’augmentation des cotisations aux complémentaires . Comme dans ces mauvais scénarios où on demande aux condamnés de creuser leur propre tombe, ce seront donc les assurés eux-mêmes qui devront financer les promesses intempestives du candidat Macron .
Même son de cloche, du côté de la réforme de l’assurance chômage : dans son document de travail « portant orientation pour la réforme de l’assurance-chômage » transmis jeudi aux partenaires sociaux, la ministre de Travail limite le futur droit à indemnisation pour les démissionnaires à une fréquence « quinquennale ». Ce droit devra être adossé à l’existence d’un projet professionnel. La durée d’indemnisation sera « plus courte que celle ouverte par les autres motifs de rupture ». Son montant sera plafonné. Quant à l’indemnisation des chefs d’entreprises on a perdu le dossier . Même sort que pour la fictive disparition du RSI dont la gestion a seulement été transférée aux URSSAF. Raison évoquée : personne ne veut payer pour le voisin .
Et puis on nous rapporte que les magistrats ont le blues pour d’autres raisons que la disparition de Johnny . « L'affaire Urvoas » a révélé , ce que tout le monde savait déjà , les collusions entre politique et justice . Elle arrive en plus quelques jours à peine après que le Conseil Constitutionnel a rappelé comme légitime le lien de subordination entre l'exécutif et le parquet. Le Syndicat de la magistrature vient seulement de se rendre compte que (dixit ) « l’autorité politique utilise sa position privilégiée pour violer le secret de l'enquête au nom de certains intérêts bien compris... L'exécutif veut contrôler qui il nommera ou ne nommera pas, qui pour succéder au procureur de Paris ou d'ailleurs.. Il veut aussi que le procureur chargé de l'affaire sache que le ministre s'intéresse de près à ce dossier…. Et parfois, il profite de circulaires prétendument générales d'action publique pour faire passer des instructions très particulières ». Cruel aveu !!!
Et pour rire un peu en ces temps moroses : dans le même temps ,la Commission européenne ouvrira la semaine prochaine une procédure contre la Pologne qui pourrait déboucher sur une suppression de ses droits de vote dans l'Union européenne . Varsovie est accusée de ne pas respecter l’Etat de droit . En cause les réformes décidées dans l'organisation judiciaire du pays qui place les juges sous le contrôle du Parlement. Rien que ça .
Mais il n’y a pas que de mauvaises nouvelles . La flat tax , comme l’augmentation de la CSG , sera effective en 2018 . L’initiative de certains sénateurs de prévenir l’optimisation fiscale qu’elle va provoquer , - substitution de dividendes aux salaires - , a été rejetée par les députés.


