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Communiqué de remerciements de Patricia Coutandy
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Ecrit par zinfos974 – le lundi 2 octobre 2017 à 18H52

Vendredi 15 septembre 2017 à la lecture du Kalbanon N°47, j’ai constaté que je n’étais plus la directrice de publication après 9 années de services rendus et un total de 23 années de militantisme.
Communiquer nos valeurs
Je veux remercier ici tous les foyers qui ont accueilli le magazine culturel Kalbanon. J’exprime ici ma gratitude envers toutes les personnes, les familles qui nous ont ouvert leurs portes, offert leurs témoignages, mis à disposition des photos et des documents, leurs archives personnelles. Un bi-mensuel, c’est si peu pour valoriser l’étendue de notre richesse culturelle et ses zarboutants, mais ensemble nous avons donné une belle dimension à notre héritage pluriethnique. La prise de conscience que nous sommes un peuple réunionnais unis dans notre multi-culturalité a été la ligne éditoriale de votre publication afin de garder notre esprit ouvert. Résister au communautarisme, communiquer nos valeurs de liberté, de tolérance et de paix, c’est œuvrer pour l’humanité dans un monde en plein bouleversement, secoué par le terrorisme, la famine et la guerre. Et même, si notre cri d’espoir imprimé sur papier écologique sonne comme le sifflet d’un colibri, nous avons au moins assumé notre part, notre responsabilité d’une île au monde 1. C’est notre devoir envers les enfants d’aujourd’hui et de demain, c’est sur nous « que reposent le devenir de l’instant et le futur d’aujourdhui »2.
La philosophie du vivre ensemble
Voilà plus de 350 ans nos parents sont tous venus d’ailleurs, des 4 coins de la planète, ensuite…la mélanzé. « Zembrocal » ou « tapis mendiant », nous sommes la conscience collective d’un peuple merveilleux né pourtant d’un crime contre l’humanité. Nos ancêtres se sont cherchés dans l’incompréhension des langages, des cultures différentes, dans l’atrocité de l’esclavage, de l’engagisme, du colonialisme. Comment des Hommes pouvaient-ils asservir d’autres Hommes et les réduire à des objets marchands? Et pourtant, ce peuple meurtri s’est construit ne subissant pas l’aveuglement de la violence. Nos expatriés, arrachés à leur terre natale ont mis en commun tout leur savoir-faire, les carences, leur rébellion, ils ont inventé un langage : le kréol pour communiquer, une danse : le maloya hissé au patrimoine de l’humanité. Nos ancêtres ont innové la philosophie du vivre-ensemble ; cette lucidité que nous avons propulsée modestement dans vos 16 pages met en relief les propos d’Aimé Césaire liberté, égalité, fraternité et identité.
Reconnaître pour re-naître
Ce fut un challenge permanent d’œuvrer à une production de qualité tout en respectant les délais, un pari de chaque instant au service d’un mieux vivre ensemble.
En effet, la communication crée du lien, participe à la cohésion sociale. Combien d’entre vous découvre avec des reportages son voisin, sa famille sous un autre angle : « ah mi té koné pas li té zoué la mizik » ? Nous avons avons aussi créé des rubriques, comme « proverbes lontan » avec in zarboutan not kiltir Daniel Honoré pour mieux connaître l’Histoire, not quartié et not Kosé. Développer les rubriques et favoriser la rencontre entre les générations … Mais il y a eu aussi des espoirs déçus par d’autres arbitrages et quelques « coquilles » ; c’est aussi important de les reconnaître pour re-naître !
Un grand merci à toutes les personnes qui m’ont accordé leur confiance, m’ont encouragé et soutenu, tous les acteurs culturels, le monde associatif, les établissements scolaires, les imprimeries, la presse, les institutions, les collègues, les autres services de communication, les services municipaux. Tous les ultra-marins qui nous ont adressés des témoignages. Mes pensées vont aux agents pour leur dévouement et aux équipes de distribution.
Il reste encore beaucoup à faire, je vous encourage à poursuivre l’ouvrage avec autant de force et de conviction.
Kom di lo Rwa Kaf « gayar nou néna » !
Et si un jour « si néna vid pou nou boir, si la poin na lé rodé,… si néna vid pou publik, si la poin na lé rodé, ranpoli mon verre lidia, laïlé, ranpoli mon verre lidia, laïlo… ».
J’ai découvert que mon nom a été rayé de l’ours de kalbanon, mais la vie est un combat, la vie continue.
J’ai une pensée émue pour mon papa né à Sainte-Suzanne, dans le quartier de Jacques Bel-Air dann…kalbanon !
Bonne continuation à Kalbanon !
Ankor pli dovan, en hommage aux filles d’Héva, les suffragettes Emily Wilding Davison, Rosa Parks…
"Dès que quelqu'un comprend qu'il est contraire à sa dignité d'Homme d'obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l'asservir". Mohandas Karamchand Gandhi
Mi souèt in bon laniversair o Maloya porté o Patrimoin limanité !
Excellente célébration de la jounée de la non-violence !
Sainte-Suzanne, le 30 septembre 2017
Patricia Coutandy,
La militante
3ème Adjointe Commune de Sainte-Suzanne
Déléguée à l’agenda 21 et à la Communication
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