Avant-première de Zinfos : Les remords de Macron

Rongé par le remords à la fois d'avoir été injuste et d'avoir manqué d'à propos, Macron a décidé de ré-écrire la loi TEPA de Sarkosy de 2007.
Vous vous souvenez sans doute de cette loi qui en son article 17 avait prétendu encadrer les conditions d'attribution de ce que l'on appelle les « parachutes dorés ».
Les parachutes dorés sont des indemnités accordées aux patrons lors de leur départ de la société qu'ils dirigeaient , en fonction d'une clause prévue dans leur contrat initial ou introduite pour la circonstance .
Ces rémunérations extravagantes avaient fait d'autant plus scandale que de fortes indemnités avaient été versées à des dirigeants dont la performance était critiquable ou parfois même avait été sérieusement préjudiciable pour la société.
Citons quelques affaires :
On se souvient qu'en juillet 2006 Noël Forgeard , quittant EADS , s'était fait attribuer une prime de départ de 8,5 millions d'euros. Cette affaire avait fait scandale car l'entreprise qu'il quittait était en crise et que la prime des employés s’élevait , elle, en moyenne à environ 1 000 € .
En 2007 ,une prime de 5,7 millions d'euros avait été versée à Serge Tchuruk, lorsqu'il avait quitté la direction générale d'Alcatel au moment de la fusion avec Lucent.
La même année , Jean-François Roverato, PDG du groupe Eiffage, avait obtenu près de 195 000 actions gratuites lors de son départ de la direction opérationnelle.
Denis Gautier-Sauvagnac, ancien président de l'Union de l'industrie et des métiers de la métallurgie (UIMM), avait négocié une indemnité de départ de 1,5 million d'euros après des retraits suspects dans les caisses (19 millions d'euros) entre 2000 et 2007.
Cette loi n'avait pas empêché deux années plus tard Thierry Morin ,ex-président directeur général de Valeo , de toucher une indemnité de 3,2 M€ à la suite de sa démission en mars 2009.
La liste des scandales est bien plus longue. Je vous en livre ci après un extrait :
Donc notre président a décidé de mettre fin à ces pratiques scandaleuses.
Son « sur moi » socialiste a repris en dernière minute le dessus et lui a enjoint de rétablir l'équilibre.
Mieux vaut tard que jamais .
Un décret viendra donc préciser les conditions d'attribution des primes de départ attribuées aux patrons des grosses entreprises.
Elle sera désormais réservée aux plus zélés d'entre eux , - mais ça Sarko y avait déjà pensé - , mais sera surtout plafonnée à un mois de salaire par année travaillée .
Voilà enfin une vraie mesure de justice et de transparence économique .
Il se murmure qu'un autre décret va s'attaquer aussi aux « retraites chapeaux » qui n'ont rien à voir avec les couvre chefs et dont je vous parlerai dans ma prochaine édition.
La poésie des affaires y perdra, mais la justice sortira grandie.


