Lettre ouverte au Président de Région

Monsieur le Président, j'ai été très surprise de lire, dans la semaine, votre intervention au Premier Ministre pour dénoncer la baisse des moyens alloués par l’État, contre les violences faites aux femmes .
J'ai été encore plus surprise de lire dans votre courrier du 11 septembre, que "la prévalence des violences sexistes et sexuelles contre les femmes constitue un réel fléau pour l’équilibre et le développement de notre territoire".
Vous dénoncez et à juste titre.
Mais dans le même temps, vous donnez deux millions d'euros de subvention à un journal dans lequel le directeur diffuse de façon hebdomadaire, des propos violents et sexistes à l'encontre des femmes, sans jamais les avoir condamné, ni même vous en être offusqué.
Pire, depuis de longs mois, vous cautionnez hélas, des attitudes, des comportements publics de personnes de votre entourage, qui se disent votre ami, et qui n’ont de cesse de traîner dans la boue les femmes réunionnaises : des élues, des cheffes d’entreprises, des femmes journalistes, des magistrates, …
Permettez-moi de vous rappeler quelques extraits de votre "ami journaliste" :
"greluche", "miss pitbull", "miss sangsue", "roucoulades", "croisement de gambettes", "une jolie dame pourtant maquillée hélas comme un moka", "délicate comme un camionneur pétomane", "qui ne se remet pas malgré ses porte-jarretelles", "fendue comme sa robe d'une bafouille", "bécassine hystérique", "qui renifle (…) aussi fort la brillantine avec laquelle, la pimpante, s’asperge les dessous de bras", "essuyer la dégoulinante", "gentiment croquée", "une gratelle mal placée et une envie refoulée d’un concours de tee-shirt mouillé…"
Lorsqu’on ose s’en offusquer : il se "gratte en public" et "Madame est servie".
Je suis donc très surprise d’apprendre que les violences à l'égard des femmes, et notamment les violences sexistes, vous touchent, Monsieur le Président.
J’ai eu l’occasion de vous rappeler en Commission Permanente combien je déplorais votre silence des plus assourdissants. Votre comportement inerte, face à de telles obscénités publiques ne vous honore pas, n'honore pas les fonctions de Sénateur que vous occupez, n'honore pas l'institution que vous présidez.
Comment interpréter votre silence et votre soutien à cet ami? Banalisez-vous l'injure publique à caractère sexiste? Si vous êtes sensible à la lutte contre les violences faites aux femmes que vous considérez comme un fléau pour le développement de notre territoire alors ces propos sexistes auraient dû vous faire bondir !
Connaissez-vous le proverbe "qui ne dit mot, consent" ?
Conseillère régionale


