Transport public : "Un jour triste pour les Réunionnais" selon Eric Caroupapoullé

La Communauté intercommunale des Villes solidaires a tranché le mardi 08 août 2017 à l'hôtel de ville de Saint-Pierre: la délégation de service public pour le transport des passagers dans le Sud de l'île est attribuée au groupement CINEO. Ce qui évince sans ambages Transport C. Joseph, qui dessert quotidiennement les régions de la zone ouest. Son président-directeur général, Eric Caroupapoullé, qui avait logé une plainte au pénal et entamé une grève de la faim contre la mainmise sur le marché, se dit déçu mais aussi très inquiet de l'avenir des Petites et moyennes entreprises et, par extension, de ces centaines de familles qui en dépendent pour vivre. Même si sa grève de la faim a pris fin le mardi 08 août, l'entrepreneur ne compte pas abandonner le combat.
"J'ai cru en nos élus, qu'ils allaient se mettre à la place des Très petites entreprises (TPE) et des Petites et moyennes entreprises (PME), et reconnaître nos contributions au développement économique de La Réunion. Hélas, nos appels de détresse n'ont pas été entendus", lance Eric Caroupapoullé, visiblement dégoûté de la décision de la Communauté intercommunale des Villes solidaires (CIVIS). Le p.-d.g. de Transport C. Joseph se dit "inquiet" de l'avenir de ces centaines de familles d'employés qui dépendent des TPE et PME pour faire bouillir la marmite.
"Je n'ai, d'autant plus, pas eu l'opportunité de rencontrer Michel Fontaine, le président de la CIVIS, pour discuter du monopole du marché dans le secteur du transport public. L'attribution de la DSP au groupement CINEO aura de grandes conséquences sur le quotidien du petit Réunionnais. Mon seul recours désormais est la plainte au pénal que j'ai déposée pour dénoncer cette situation. Aujourd'hui est un jour triste mais j'ai foi en la justice", renchérit Eric Caroupapoullé.
Pour rappel, le p.-d.g. de Transport C. Joseph avait dénoncé le système d'allocation de contrats qui favorise de gros opérateurs, au détriment des très petites, petites et moyennes entreprises. Lors d'un récent point de presse, la PME, sur la base d'une étude indépendante réalisée par le cabinet versaillais Point de Repère, a souligné que le fait d'attribuer la délégation de service public (DSP) au groupement aurait pour effet de diminuer significativement la qualité du service public proposé aux usagers, et entraînera un surcoût important pour la collectivité.
L'attribution de la DSP au groupement CINEO est d'autant plus contestable, selon l'étude commanditée par Transport C. Joseph, qu'elle aurait des retombées négatives non seulement pour l'économie de l'île, mais aussi pour le public voyageur, qui devrait payer davantage alors que la qualité de service risque de diminuer.
"J'ai peur de la menace qui pèse sur l'entreprise qui contribue, depuis 60 ans, au développement économique de La Réunion. Avec cette mainmise du marché du secteur public, ce sont les Réunionnais dans leur globalité qui paient les pots cassés", conclut Eric Caroupapoullé.
A propos de Transport C. Joseph
Fondée voici près d'un quart de siècle, Transport C. Joseph fait partie du patrimoine entrepreneurial de La Réunion. Aujourd'hui, l'entreprise emploie quelque 120 collaborateurs et contribue grandement au développement économique de l'île. Transport C. Joseph, c'est avant tout une histoire de famille qui n'a jamais reculé devant le travail. Le fondateur, Joseph Caroupapoullé, devient orphelin à 14 ans. Originaire de Saint-Pierre, il cumule les petits boulots dans plusieurs endroits de l'île avant d'arriver à Cilaos en janvier 1951 pour y vendre des produits du cirque.
C'est à cette époque que germe l'idée de créer sa propre entreprise. Joseph Caroupapoullé achète un camion de la marque Renault de même qu'un car courant d'air, puis un commerce. Nous sommes au début des années 60. Joseph Caroupapoullé se positionne dès lors comme l'un des acteurs du désenclavement du Cirque en se spécialisant dans le transport de voyageurs et de marchandises. Il opère le service dès 4h30 du matin.
D'un seul voyage par jour à l'époque, l'entreprise gérée aujourd'hui par le fils Eric Caroupapoullé, emploie 120 salariés, issus principalement du Sud, de l'Ouest, notamment des communes et villes de Cilaos et de la Petite Ile, Saint-Louis et Saint-Leu.
Transport C. Joseph a repris, en 2014, l'activité des transports TGVS (Transports Gérard Voyageurs Souprayenmestry), ce qui lui a permis d'étendre ses activités à toute la zone ouest de l'île.


