Quelle politique de mobilité pour La Réunion?!

Depuis plusieurs décennies, la problématique de la mobilité se pose avec acuité dans notre île.
Les transports et les infrastructures liées à ces transports sont les moyens que l’on se donne pour atteindre cet objectif.
L’inter-modalité est la mise en adéquation des transports, des publics cibles, des innovations techniques et technologiques et du respect de l’environnement.
A la Réunion, il y a trois modes de transports grands publics : la voiture particulière (qui a pris une place importante dans l’économie et la vie de tous les jours, influençant fortement les investissements publics à travers la construction des routes) ; le taxi (qui ne réussit pas toujours à s’adapter à l’évolution des transports et aux lois successives réglementant le transport public de personnes) et le bus (la création du réseau Car Jaune a été une étape cruciale mais s’essouffle et les réseaux des intercommunalités sont parfois en incohérence avec le Réseau Car Jaune).
Le Tram-train ayant été abandonné, les projets régionaux en cours d'études ne sont pas encore suffisamment connus et partagés par le grand public.
Il faudrait une stratégie claire après la fin des travaux et l’ouverture de la Nouvelle Route du Littoral :
- Ne plus recommencer obligatoirement des grands projets routiers autres que le requalibrage de la Route Hubert Delisle
- Prioriser la circulation des bus sur les routes nationales qui passent dans les agglomérations, afin de créer un réseau plus adapté et d’augmenter le nombre pour augmenter la fréquence
- Concentrer les investissements régionaux et départementaux sur les ports (à généraliser en pêche, plaisance et passagers), hélistations et aéroports afin de créer une dynamique de transports aériens et maritimes, en ouvrant clairement La Réunion sur l’extérieur
- Transférer de la compétence transport public de personnes (sauf pour les scolaires et les personnes handicapées) par terre, mer, air, fluvial et ferré à une seule collectivité qui serait la Région, avec création d’une Police Régionale des Transports
- Définir avec les communes des espaces de centre ville interdit aux voitures et y privilégier des modes anti-bruits (voies piétonnes, vélo, petit-trains électriques)
- Définir La Réunion comme un espace du tout électrique ou hybride en matière de transport collectif
- Céder Air Austral à un privé pour centrer les compétences de la SEMATRA sur le transport maritime et ouvrir son capital afin de lancer une compagnie maritime régionale.
Il y a nécessité d'avoir une plus large vision et surtout une meilleure planification pour marquer une vraie stratégie : on ne voit pas assez que les investissements que nous faisons favorisent une économie en intra, trop endogame quand il se veut endogène ; alors qu’il faudrait une économie de conquête, en extra, résolument tournée vers l’extérieur.
La mobilité des réunionnais doit se faire en fonction de la vision économique des politiques. Est-ce un hasard si certains pays, comme l’Afrique du Sud, ont couplé des secteurs clefs dans l’exercice des responsabilités (routes, transports, emploi) au niveau des provinces ou des régions ? Le vécu de difficultés récentes ont amené de l’ingéniosité. Nous avons malheureusement développé une certaine culture de l’opulence financière parce que nous ne connaissons plus les difficultés des guerres, des catastrophes ou de la pauvreté extrême. Réagir, ce serait déjà agir…


