St-Leu : Un assesseur de Thierry Robert photographié en train de noter les noms des votants

Il est des pratiques qui ont du mal à disparaître...
Les équipes du candidat Fabrice Marouvin ont pu photographier un assesseur de Thierry Robert dans le bureau de vote n°34 de Saint-Leu, en train de noter sur une feuille les noms des électeurs ayant déjà voté. Ce qui est strictement interdit par la loi.
Si la loi condamne ce genre de pratique, c'est pour éviter q'un assesseur, après avoir relevé un certain nombre de noms, ne téléphone à la permanence de son candidat les noms de ceux qui ont déjà voté au fur et à mesure de la journée. Comme la permanence dispose des listes électorales, il est facile de déterminer ceux qui n'ont pas encore accompli leur devoir électoral et d'envoyer des "équipes" leur rendre visite pour les "inviter" à se déplacer.
Quitte à les véhiculer si nécessaire jusqu'au bureau de vote, et à leur glisser gentiment le "bon" bulletin à déposer dans l'urne. En leur précisant bien sûr au passage que puisqu'ils ont déjà leur bulletin, il leur est inutile d'en prendre un autre sur la table...
L'électeur est ainsi totalement piégé : il sait être surveillé par les militants du candidat à l'intérieur même du bureau et se croit donc obligé de glisser dans l'enveloppe, puis dans l'urne, le bulletin qu'on lui a remis durant le trajet.
Seule solution pour essayer d'échapper au piège : utiliser un autre bulletin qu'on aurait pu trouver dans l'isoloir. Mais les candidats qui utilisent cette méthode ont tout prévu : comme ils sont maires, ils donnent comme consigne aux présidents des bureaux de vote de leurs villes, qui par définition leur sont acquis, de faire nettoyer les isoloirs très régulièrement et de jeter les bulletins non utilisés à la poubelle...
Et voilà comment on peut réaliser des scores dignes de certains pays africains dans sa commune.
La préfecture et les magistrats chargés de la surveillance du déroulement du scrutin connaissent cette méthode. Mais on se doute bien que l'on ne va pas se livrer à ce genre de pratique sous leurs yeux. Suffit d'attendre qu'ils soient partis -en général ils ne restent pas plus de 5 minutes- pour pouvoir reprendre le manège...
Normalement, il revient au président du bureau de vote de noter l'incident au procès-verbal, et ensuite à la commission électorale de décider si cette pratique a pu ou non influencer le score. Problème quand, comme dans le cas d'espèce, le président du bureau de vote est du même bord politique que celui qui se livre à ces pratiques...
Selon Fabrice Marouvin, il s'agirait d'une pratique généralisée sur le territoire de Saint-Leu. Mais même si c'était vrai -ce qui n'est pas prouvé- ne nous faisons pas d'illusions, la commune de l'ouest n'est malheureusement pas la seule dans laquelle les maires qui soutiennent un candidat ou qui le sont eux mêmes, agissent de la sorte...


