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"Ericka Bareigts est co-responsable avec François Hollande de ce désastre économique et social"

À 48h du premier tour des élections législatives, le candidat aux législatives de l’union de la droite et du centre dans la première circonscription, Jean-Jacques Morel, croit plus que jamais en son étoile. L’avocat dionysien, qui se présente pour la seconde fois dans la circonscription dionysienne, estime que toutes les conditions sont réunies pour l’emporter face à Ericka Bareigts, dont le bilan en tant que parlementaire et ministre "a été catastrophique pour les Dionysiens et les Réunionnais".
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 9 juin 2017 à 07H00

Zinfos 974 : Jean-Jacques Morel, dans quel état d’esprit vous trouvez-vous à la veille du 1er tour de ces élections législatives ?
 
Je suis confiant, car les retours de terrain de mes partisans sont bons. Nous restons malgré tout mobilisés car rien n’est acquis. Notre dernier meeting au Moufia (mercredi, ndlr), un quartier traditionnellement acquis à la gauche, s’est bien passé. Mais dans d’autres quartiers dionysiens, où résident beaucoup de familles installées dans des logements sociaux ou résidentiels, le chômage et le sentiment d’abandon de la classe moyenne, qui se lève tôt pour travailler dur, s’est installé. Je tiens à remercier ma suppléante Lucie Ignace de m’accompagner lors de ces législatives. C’est une figure de proue de la jeunesse réunionnaise issu d’un milieu modeste qui à force de travail et de persévérance a remporté des compétitions internationales de très haut niveau. Elle souhaite aujourd’hui s’impliquer à mes côtés dans la défense de la jeunesse.

Zinfos974 : Vous êtes particulièrement critique avec le bilan d’Ericka Bareigts…

Ce sentiment de déception et de colère on le retrouve ailleurs à Saint-Denis et à La Réunion car après cinq années de quinquennat socialiste, Ericka Bareigts, successivement députée, ministre et donc proche de François Hollande, n’a pas su endiguer le chômage, la faillite des entreprises ou encore la perte de pouvoir d’achat des familles et notamment des gramounes. Ces derniers ont même vu leurs retraites baisser avec la CSG. Pour moi, Ericka Bareigts est co-responsable avec François Hollande de ce désastre économique et social dont elle peine aujourd’hui à rendre compte, à tel point qu’elle cache la rose du Parti socialiste dans son sac : la rose a disparu des affiches et des bulletins. La droite populaire que j’incarne sur le chef-lieu porte le nouvel espoir des Dionysiens. Une union de la droite et du centre qui est aujourd’hui consolidée de façon durable après les cantonales remportées il y a deux ans, déjà contre Ericka Bareigts, suppléante de Jacques Lowinsky. La législative sur la première circonscription, constitue la seconde épreuve du feu. Je l’aborde avec humilité mais avec détermination. Je suis confiant.

Zinfos974 : Quel est votre ambition pour la circonscription ?
 
 A Saint-Denis, Mme Bareigts proche de Gilbert Annette, au pouvoir depuis presque 10 ans, n’a pas su redonner à la capitale de La Réunion l’éclat que St-Denis mérite. Saint-Pierre se développe : regardez l’activité nocturne, le port, la zone industrielle, etc…À Saint-Denis, l’Espace Océan est au point mort et la taille des herbes dépasse celle des enfants. Cet immobilisme est d’autant plus choquant que Gilbert Annette contrairement à ses engagements a augmenté les impôts locaux de 4%. Mon ambition est de refaire de Saint-Denis une ville attractive sur le plan économique, agréable sur le plan des loisirs et qui se tournerait à nouveau vers la mer grâce à l’aménagement.
 
Quant aux embouteillages, ils paralysent la ville maintenant à toute heure. Le moment est venu de lancer avec la Région le monorail d’Ouest en Est, qui partirait du CHU de Bellepierre jusqu’à l’aéroport de Gillot au dessus du Boulevard Sud. Élu député, je prendrai très vite rendez-vous avec le ministre des Transports pour envisager accompagnement de l’Etat sur ce projet majeur. Concernant la Nouvelle Entrée Ouest (NEO, ndlr), sur laquelle doit déboucher la NRL, elle avance à la vitesse d’une tortue. M. Annette et Mme Bareigts n’ont pas été capables de travailler pour l’intérêt général avec la Région Réunion afin d’accélérer la rénovation du front de mer dont l’état est aujourd’hui lamentable et congestionné.
 
Saint-Denis est par ailleurs devenue une ville triste et sans dynamisme économique. Je pense par exemple aux commerces de proximité, ces merveilleuses boutiques chinoises d’antan au coin des rues qui ont toutes disparues. Les grandes surfaces se trouvent quasiment toutes en périphéries à proximité de l’aéroport. Il n’y a pas dans le centre de Saint-Denis de très grande surface et presque pas de commerces de proximité, pénalisant les Dionysiens qui ne possèdent pas de véhicules. L’ancienne prison rue Juliette Dodu, qui constitue un espace rêvé pour des boutiques artisanales ou des restaurants, sera remplacé par un immeuble d’un bailleur social. Par ailleurs, aucune zone industrielle ou artisanale n’a été créée dans le chef-lieu depuis Auguste Legros. Saint-Denis se meurt.

Zinfos974 : Que proposez-vous pour améliorer le cadre de vie des électeurs de la circonscription ?

Avant toute chose, j’aimerais revenir sur l’actualité du moment, à savoir la grogne des planteurs pour une revalorisation du prix de la tonne de canne. J’estime que leur combat est juste. Dans une agriculture lourdement subventionnée il est juste qu’ils obtiennent un partage plus équitable et que l’usinier fasse un effort. Les planteurs façonnent le paysage centenaire de notre île. Ils travaillent très dur et je comprends leur désarroi même si j’apprécie peu les ralentissements provoqués sur les routes. Élu député ils me trouveront à leurs côtés pour les défendre.
 
Pour en revenir à mon programme, je souhaite tout d’abord une baisse des charges chez les indépendants : artisans, commerçants, libéraux, qui étouffent sous les impôts et les taxes. Aujourd’hui, plusieurs dizaines de milliers de TPE à La Réunion n’ont aucun salarié. Imaginez que la moitié de ces petits chefs d’entreprises embauchent un Réunionnais : vous avez immédiatement plusieurs dizaines de milliers de création d’emplois. Ces TPE ne le feront que si les charges personnelles du chef d’entreprise sont revus à la baisse et si d’autre part le coût du travail diminue de façon sensible. Par ailleurs, je me battrais pour que l’Etat décrète un moratoire de six mois entre la création d’une entreprise et le premier appel à cotisation, qu’il émane d’une caisse ou du Trésor public.
 
 Je proposerais également une refonte du dispositif des emplois aidés. Je suis de ceux qui pensent qu’un contrat aidé à 22h par semaine ne peut pas faire vivre sa famille avec 700 euros par mois. Comme nous l’avons fait avec Nassimah Dindar au conseil départemental, je porterais à 30h hebdomadaires minimum tout contrat aidé ce qui fera passer le salaire mensuel de 700 à 1000 euros par mois. La gauche se gargarise de défendre l’emploi aidé. Or dans le même temps, Mme Bareigts a laissé le gouvernement précédent diviser par deux les crédits accordés aux contrats aidés à destination de La Réunion. Je m’engage à rencontrer avec mes nouveaux collègues le Premier ministre LR Edouard Philippe pour rétablir cette injustice.
 
Autre mesure importante pour moi, la continuité territoriale. Je rappelle le coup scélérat de l’Etat socialiste soutenu par Mme Bareigts, qui a coupé les crédits de la continuité territoriale que le gouvernement octroyait jusqu’ici à la Région. Didier Robert porte désormais seul, à bout de bras, ce dispositif qui permet à tant de familles de sortir de notre île. Pourquoi les Corses seraient-ils massivement aidés sur l’aérien et le maritime alors que nous, Créoles, qui sommes plus loin de la métropole ne le serions pas ? J’irais avec le président de Région à Paris mettre sur la table ce dossier. Il me semble indispensable de faire un effort de prix sur les billets de la zone océan Indien, je pense en particulier à Maurice, Comores et Mayotte.
 
Je me battrai également pour la préférence locale dans les administrations : sous l’impulsion de Patrick Lebreton, des efforts ont été faits concernant les chefs d’administration. Ainsi, c’est aujourd’hui un Réunionnais qui est chef de la police dans le département. En revanche, les fonctionnaires réunionnais de rang intermédiaires se voient toujours opposés le plafond de verre que constitue trop souvent la préférence hexagonale. Le moment est venu de privilégier les compétences locales pour tous ceux qui vivent sur notre territoire, quel que soit leur lieu de naissance. C’est ça la préférence réunionnaise !
 
Sur l’habitat, on ne pourra pas éternellement exclure de l’accès à la propriété les classes moyennes. Si les plus modestes bénéficient d’un logement social, si les plus aisés peuvent en s’endettant acheter une case hors de prix, qu’en est-il des classes moyennes ? Elles n’ont droit à aucune aide, et même en empruntant parfois sur 30 ans, elles se voient opposer des refus bancaires frustrants. Les banques à La Réunion ne jouent pas suffisamment leur rôle en fermant les crédits tant aux particuliers qu’aux indépendants. Les profits considérables qui sont les leurs doivent avoir une contrepartie, une prise de risque certes calculée mais réelle. On ne peut pas être banquier à risque zéro.
 
Concernant le projet de loi sur la moralisation de la vie publique, je salue l’initiative du Garde des Sceaux de faire évoluer ces pratiques scandaleuses comme l’embauche de ses enfants dans les collectivités locales ou au Parlement. Ce népotisme insupporte au plus haut point les citoyens. Il faut proscrire définitivement les emplois familiaux. Par ailleurs, il me semble naturel que si un fonctionnaire ne peut plus exercer en ayant été condamné, qu’un élu dont le casier judiciaire n’est plus vierge ne puisse plus lui aussi exercer son mandat.

Quel est votre approche sur la santé publique ?
 
J’ai rencontré l’intersyndicale durant la grève au CHU où 200 emplois sont menacés. Les syndicats ont été stupéfaits du silence assourdissant du maire de Saint-Denis sur ce dossier majeur de la circonscription. Je me suis rendu de nouveau la semaine dernière aux côté du nouveau président du CHU, Jean-Paul Virapoullé, pour la livraison de l’IRM dernière génération. Ce dernier m’a confié qu’il manquait environ 50 millions d’euros dans les caisses du CHU. J’irais avec lui à Paris pour les obtenir car notre hôpital ne mérite pas moins que celui de Cayenne en Guyane.
 
D’une façon plus générale, je suis de ceux qui pense que l’effort sur le cancer n’est pas suffisant en France. A l’instar du plan cancer lancé par Chirac, j’estime qu’un accent particulier doit être mis sur la recherche et sur les soins de tous ceux qui sont un jour frappés par cette maladie terrible qui concerne hélas presque toutes les familles.  
 
Zinfos974 : Un dernier mot pour conclure ?
 
Je suis de ceux qui pensent qu’on ne peut pas faire du neuf avec du vieux. Mme Bareigts a fait la preuve de son incapacité flagrante à légiférer pour améliorer ici et maintenant la vie quotidienne des Réunionnais. Je demande aux Dionysiens de la sanctionner et d’envoyer à l’Assemblée nationale un homme libre qui les défendra fidèlement et infatigablement. 

 

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