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Servis kabaré : On appelle les esprits pour protéger la famille

Samedi, à Sainte-Suzanne, la famille Bomata accueillait le "servis kabaré", comme chaque année depuis neuf ans. L'occasion de découvrir ou redécouvrir une tradition qui vient de nos ancêtres esclaves. Marie-Eugénia nous a reçu chez elle pour nous en dire plus sur ces festivités.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 8 décembre 2009 à 11H45

La tradition du servis kabaré remonte au temps des esclaves et a perduré jusqu'aujourd'hui. Dans les familles malgaches, c'est l'occasion de rendre hommage à la fois aux dieux et aux ancêtres.

Les festivités se déroulent sur près de 24 heures : elles débutent le samedi matin avec le culte aux dieux, puis le sacrifice d'animaux, pour honorer les ancêtres. C'est ensuite qu'a lieu la bénédiction des voitures. "On pose des garanties pour ne pas faire d'accidents, ou alors ça ne sera pas des accidents mortels", explique Marie-Eugénia Bomata.

Vient alors l'heure de préparer les repas en offrande aux ancêtres, aux esprits. Marie-Eugénia se réjouit de l'esprit de solidarité à l'oeuvre ce jour-là : "Tout le monde donne la main, la famille, les invités, tout le monde participe". Sept plats de la cuisine traditionnelle réunionnaise sont cuisinés, du carry volaille au carry poisson, en passant par le brèdes manioc et la morue grillée.

Toute la nuit, place à la fête

Une fois le repas prêt, il est servi aux ancêtres, dans le boucan (petite case où on trouve l'autel des dieux et des ancêtres). L'heure est à la danse et aux chants de prière. Sur les airs de maloya et de chansons traditionnelles malgaches, les esprits sont invités à se manifester. Toute la nuit, le servis kabaré battra son plein : on danse, on boit, on mange; l'ambiance est à la fête.

Marie-Eugénia regrette pourtant que cette tradition soit occultée par certains : "Il y a des gens qui refusent d'en parler, ils ne veulent pas qu'on sache qu'ils font servis malgache. Pourtant, ce n'est pas une honte, c'est quelque chose qu'on doit garder et perpétuer".

Ainsi, tout le monde est invité à participer à ce moment de partage, tout le monde est bienvenu. "Le jour servis je n'ai pas le droit de chasser le gens de chez moi, je dois laisser entrer toute personne qui veut entrer", termine Marie-Eugénia.

La vidéo proposée ci-dessus et tournée par Pierrot Dupuy, montre plus en détail les moments forts de cet événement haut en couleurs.

 

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