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Le salon de la maison ne doit pas se résumer à une accentuation de la culture de l’individualisme

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 12 novembre 2009 à 09H00

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Personne évidemment ne conteste l’organisation de tels rassemblements thématiques. Leurs fonctions d’information, de stimulations économiques, … sont justes et largement admises comme tel. Cependant, nous ne pouvons, même un bref instant, nous comporter en seuls visiteurs, consommateurs ou vendeurs et renoncer de voir que notre société ne pourra plus se construire durablement et stablement si nous n’agissons pas collectivement pour que le droit au logement (DAL) soit une réalité pour tous. Or faute de revenus, en raison – principalement, il faut bien le reconnaître, d’une situation économique et sociale structurellement singulière – plus de la moitié de la population vit avec moins de 817 €/mois et un grand nombre de ménages relève du logement social. L’insuffisance criante de la production de logement social fait qu’il y a plus de 30 000 demandes de logements en attente. Quand les besoins exigent, pour ajuster l’offre et la demande, de construire plus de 6 000 logements sociaux par an sur les dix prochaines années, notre société ne produit hélas à ce jour que moins de la moitié.

Naturellement, ces insuffisances conduisent au recours à un habitat spontané pour de nombreuses familles, à des situations de promiscuité et de cohabitation indignes d’un pays qui produit autant de richesses. En tout état de cause, l’absence de logement ou même le mal-logement porte en lui de quoi entraver le progrès humain … souvent de génération en génération dans une même lignée. Pour des raisons de solvabilité, une chaîne de déclassement s’est produite depuis plusieurs années aboutissant à l’exclusion de la frange la plus pauvre de la population de logements sociaux auxquels ils auraient en droit.

La faute au foncier ?

L’Etat, qui a en charge la politique du logement social, se retourne souvent contre les communes en leur reprochant une insuffisance de disponibilités foncières. Ce qui, il est vrai, n’est pas complètement faux. Les communes, quant à elles, déplorent l’insuffisance de dotations pour l’équipement en réseaux (eau, assainissement, électricité, …) indispensable pour les densifications. Elles ne sont d’ailleurs que cinq à respecter le seuil de 20% de logement locatif social requis par la loi SRU1. Mais le véritable problème est l’explosion irrationnelle du prix du foncier2. Irrationnel au point que le parc privé, malgré les avantages de la défiscalisation (Lois Paul puis Girardin), est acquis pour 70% par des ménages qui ne résident pas dans le département (soit 4 000 logements pour 0,6 Mds d’€ ou 5% de PIB). L’abandon à "la main invisible du marché" a alors fait que le logement est d’avantage devenu un produit financier au lieu de conserver sa fonction de toit. L’équilibre entre l’offre et la demande est une énorme chimère. De surcroît, la décision du gouvernement de réorienter la défiscalisation du logement privé vers le logement social, séduisante au premier abord, est quant à elle inacceptable … du fait qu’elle participe à l’enrichissement d’une minorité déjà protégée par un bouclier fiscal et ayant droit de cité auprès des banques, par la constitution d’un patrimoine privé constitué grâce à la captation des allocations au logement locatif. Ce, alors même que ces aides pourraient se limiter à être des remboursements d’emprunts publics pour la constitution de patrimoine publics. Enfin, autre élément de l’étrange implication de l’Etat en matière de logement : sa contribution par logement passe entre 2009 à 2010 de 34 000 € à 30 000 € pour un LLS3 et de 45 000 € à 40 000 € pour un LLTS3 alors même que les seules considérations énergétiques exigent d’orienter les prix dans l’autre sens.

Nous sommes, au Parti de Gauche :
i) Favorables à l’abandon de la défiscalisation pour le logement privé et social.
ii) Favorables à une administration du foncier pour la fixation et l’affectation du foncier, comme il y a une
administration des carburants ou des médicaments.
iii) Républicains, nous sommes favorables à l’épanouissement de chacun qui n’est, selon nous, pas dans
l’aliénation au "toujours plus", ni dans la consommation effrénée de la dernière "nouveauté".
iv) Favorables à la création d’un réseau de banques publiques régionales qui disposerait d’un monopole sur l’épargne populaire et permettrait de garantir notamment un accès au crédit à taux bonifié.

Jean-Hugues Savigny
Parti de Gauche 974 

 

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