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A l’attention de Madame la Ministre de l’Outremer : Dignité bafouée les assistants d'éducations délaissés

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 27 août 2009 à 17H03

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Le travail d’après MédiaDico
-  Ensemble des activités sociales qui constituent toutes les productions utiles à la société
-  Occupation à laquelle on se livre habituellement pour gagner sa vie.

Voilà pour moi, c’est quoi le travail et ces quelques caractéristiques.
Aujourd’hui, les assistants d’éducation se confrontent à une situation dévalorisante de sa personne, une atteinte à sa dignité voir à une perte d’identité. Donner de son temps, de sa vie dans un métier où il a été le premier à concrétiser, reconnus par le corps enseignants, les enfants, les parents. Ils ont su se créer une place au sein de chaque établissement, se retrouvent en fin de leur contrat.

En effet, c’est un contrat à durée déterminée, nous savons très bien qu’après chaque type de ce contrat, il y a une fin. Nous le savons très bien. Mais nous avons travaillé dans ce domaine une bonne majorité de notre vie juste après la sortie du lycée avec bac en poche pour certains. C’est une première expérience pour d’autres. Nous allons 11 ans plus tard nous retrouver sur la dure réalité du marché de l’emploi sachant que pendant ce temps, il y a eu onze ans d’évolution, onze ans où des jeunes sortent avec des diplômes en poche, onze ans où d’autres personnes ont acquis des expériences et qui sont à la recherche d’emploi, onze ans où nous avons dans un même domaine où nous avons acquis une expérience pédagogique et non pratique. Bientôt donc, nous ferons partie  de ces milliers demandeurs d’emploi sur ce marché que nous connaissons tous l’état.
 
Pensez-vous réellement que nous avons notre chance à part entière sur ce marché ?
Aujourd’hui, nous nous retrouvons sur le marché de la concurrence, avec onze ans de plus, onze ans où nous n’avons acquis aucunes expériences dans le secteur marchand. Pensez-vous que nous avons notre chance en face d’une personne qui a appris de nouvelles techniques, qui a appris de nouvelles méthodes ? Nous pensons que non, puisque pour nous, il nous faudra un temps pour nous remettre "en service" dans ce secteur. Et pendant ce temps, avec quels moyens allons-nous diriger nos vies ? Avec des allocations chômage ? Avec des prestations sociales ? Pensez-vous réellement que ceci vont pouvoir subvenir à nos besoins ?

Problème rencontré par un assistant d’éducation (AED)
J’aimerai aussi soulever le problème de la durée limite de notre contrat. Il est précisé dans l’article 8 de notre contrat, la limite totale d’engagement maximale est de 6 ans. Un bon nombre d’entre nous n’a pas atteint ces 6 ans. Pour sa part, il lui manque 8 mois, L’AED a écrit un courrier à son employeur demandant de pouvoir bénéficier de ce droit. L’employeur a été répondu que la fin c’est la fin, qu’il n’allait pas prolonger un contrat pour quelques mois, beaucoup sont dans votre cas et qu’il n’allait pas s’embêter la dessus. Il préfère mettre en place des contrats pour de nouveaux arrivants…
Réponse d’un employeur qui nous remercie après avoir mis onze ans de notre vie à leur service. Quelle reconnaissance… Notre seule récompense c’est la sensation d’être traité comme des moins que rien.
Il pensait d’être en droit de demander. Mais il s’avère que ce droit n’est pas un droit puisque chaque employeur a le pouvoir de faire ce qu’il veule avec ce contrat. Il est le seul maître de décision.

L’état d’esprit des assistants d’éducation
Au tout début, je voulais faire une petite synthèse, finalement, j’ai décidé de garder comme sa afin de faire ressortir le sentiment de chaque personne.

-    Par C
"Personnellement, j'ai l'impression qu'on nous a pressé tant qu'on a pu et comme nous arrivons à un certain âge on nous vire.
Nous ne sommes pas sur le bord du chemin mais nous sommes dans le caniveau pire que des chiens. Les chiens, on ne les traite plus de la sorte car BB risque de s'en offusquer et faire la Une de TF1. Nous ce n’est pas grave, notre ministre de tutelle ne nous a même pas calculer, encore moins le premier ministre. Faut laisser la place aux jeunes. Le rektèr lé jeun li, le préfé le minist lé jeun.
Donn zot plas."

-    Par N
"Je ne sais pas par où commencer,  trop de choses à dire. Je commencerais par ma vie privée, toute cette histoire m’a détruit. Je croyais tellement en cette France, je suis tombée de très haut. J’ai le cœur qui saigne tous les jours, j’ai mes yeux remplis de larmes, je suis comme une âme sans vie, je perds la tête, […].  Je prends des médicaments le soir pour trouver le sommeil, je fais des cauchemars. Je n’ai plus goût à rien.
Je me suis tellement investie dans ce travail, j’ai tout donné,  j’adore les enfants et les parents sont formidables. J’ai beaucoup appris avec eux,  je me suis souvent remis en questions. Ce qui est bien avec les enfants c’est qu’ils sont sincères. Je ne sais pas comment de vais faire pour reconstruire ma vie parce qu’il faudra bien se réveiller un jour. J’espère que la Haut dans le ciel, il y a quelqu’un qui nous regarde. Le pire est que je garde toujours espoirs. J’ai toujours une petite flamme qui illumine. J’espère toujours que demain en me réveillant, j’entendrai une bonne nouvelle".

-    Par M
"Je suis dégoutée de cette situation, cela m'écœure énormément, ma vie depuis vendredi est un calvaire je ne dors plus la nuit, je suis stressée car ma situation est perplexe mon mari et moi, nous sommes des AED. Son contrat se termine cette année et moi l'année prochaine, […]. Notre situation est catastrophique. Je dis merci à l'UMP, aux hommes politiques de la Réunion..."

-    Par N
"Je vais aller directement droit au but, je vois tout en noir mon avenir professionnel qui a un impact direct sur ma vie de famille car je suis une mère célibataire qui a besoin de travailler, qui veut travailler pour garder ma dignité afin que ma fille puisse grandir dans un environnement serein.
Devant toute cette détresse, les autorités restent indifférentes et cela me révolte car j’ai œuvré 11 ans au sein de cette administration qui de plus est l'une des plus importantes de notre État.
La jeunesse réunionnaise est manipulée, bafouée!!!
A croire que c’est une faute très grave de vouloir donner de son temps, de son énergie pour avoir un salaire pour vivre, pour donner à manger à ma fille !!!... Aujourd'hui je suis dégoûtée devant la "non-volonté" du gouvernement et de nos élus qui ne veulent pas nous donner une chance de nous en sortir socialement et financièrement."

-    Par P
"Tant d'année pour se retrouver au chômage cela est vraiment dur. Surtout que pendant ces 11 ans, nous avons fondé une famille. Que fait le gouvernement ?
Encore et toujours la précarité ? Peut-on fonder un avenir la dessus ?
Je suis outrée, c'est comme si que je faisais un bon de plus d’une cinquantaine d’années en arrière.
C’est vraiment désolant de voir cela de nos jours !
Par mes fonctions, j’ai pu aider les enfants handicapés à intégrer le milieu scolaire, j'ai vu la joie et le soulagement sur le visage de leurs parents, tout cela ne compte pas car je vais être jetés sans aucune valorisation, sans reconnaissance !
Cela est injuste.
Je déplore le non engagement du gouvernement envers nous, je suis vraiment déçue."

-    Par M
"Je suis simplement écœurée par toutes ces manipulations, nous avons été simplement et purement exploités, roulés, je n' ai plus confiance en la politique de certains de nos élus qui refusent de nous aider, comment dire a nos enfants à nos jeunes de croire que nous sommes en sécurité, qu' il faut compter sur eux ?! C'est mentir, et surtout mentir à un enfant il n’y a rien de pire !
Je trouve que c'est inhumain. Dans quel pays, sur quelle planète sommes-nous ?!
J’ai du mal à croire que je suis à la Réunion, département FRANCAIS.
Je suis profondément attristée, indignée de voir que certains de nos élus qui sont eux même des pères et mères de famille puissent cautionner un tel acte de maltraitance sociale de la part du gouvernement envers nous, leurs propres électeurs."

-    Par Jean Claude
"Je suis super dégoutté de l’UMP local et national. Je suis triste, déçu et acquiert un esprit rebelle contre l’injustice que nous vivons actuellement."

-    Par Carole
"J’ai donné 11 ans de ma vie à ce métier avec le plaisir d’aller travailler chaque matin et lundi prochain, quand je fermerai la porte de la salle informatique et BCD, cela sera la dernière fois, voilà c’est la fin. Le travail : un soutien moral à la vie personnelle et professionnelle, c’est un épanouissement et mardi quand je me réveillerai, il n’y aura aucun intérêt puisque le chômage ne m’enchante guère.  J’ai toujours travaillé et pendant ces 11 ans je me suis consacrée à mon travail, cela ne va pas être évident de réorganiser ma vie. Depuis quelque temps, j’ai le sentiment d’être inutile. J’ai l’impression d’avoir été utilisé pendant ces années. Moi, je ne demande pas la pitié, je n’en veux pas. Je ne demande non plus la charité puisque j’ai travaillé pour avoir ce que j’ai. Beaucoup d’entre nous, nous avons cru à nos décideurs politiques afin de nous aider. On s’est retrouvé dans un cercle fermé. Pensez-vous qu’il est normal de ne subir ce qu’ils décident.
Travay kom bèf, tout fason nora labatoir pou ou… la don a ou in travay astèr fèrm out boush. Mé juska kan nou ferm nout boush. I fodrè petèt arèt ek sa. Mi di osi,  la pa donn à moin in travay moin la mérit lo travay. Moin la gagn lo kontra en passan l’entretion, lé té pa èk piston. Moin la donn mon kourag, mon rag dan lo travay alor poukoué mi doi ferm mon boush si néna in afèr i déplè a moin.
Moi aussi, je suis indignée. La place de l’Autre n’a aucune importance dans la vie actuelle pourvu que chacun puisse retirer son profit."

Beaucoup d’assistants d’éducation désillusionnent après cette épreuve. Ils avaient espoir en cette France et les dirigeants de la Réunion.  
Notre métier pendant ces années, nous ne l’avons pas volé, pendant ces temps, nous n’avions pas mendié, nous avons juste travaillé avec passion auprès de ces enfants regardant chaque jour, leurs épanouissements, leurs enthousiasmes, leurs progrès, leurs évolutions et aujourd’hui, on nous considère comme trop âgés. Mais pendant ces années, nous-a-t-on reproché de quelque chose ? Nous connaissons tous notre métier. On nous demande de laisser la place aux autres. D’accord laissons la place aux autres à l’encontre du mal-être des autres. Comment pouvez-vous (chaque dirigeant) vous regarder dans le miroir et dire que vous contribuer aux besoins de vos populations ? Comment pouvez-vous encore être crédible en face de vos populations ? Nous avons demandé à maintes reprises une discussion autour d’une table mais à chaque fois, nous avons été renvoyés, rejetés, à peine écoutés. Mais l’impact est grand chez l’individu.
Ce problème ne touche pas seulement les assistants d’éducation, beaucoup de personnes sont dans notre cas. Cette précarité abusive, destructrice va-t-elle durée encore longtemps ?

"Partageons la richesse et non la misère"

 

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