Josette Brosse : "Que se passe-t-il si on a la grippe A et le chik en même temps ?"

Tant qu’il n’y avait de pas de cas, l’association de lutte contre le chikungunya était en sommeil concernant les activités sur le terrain, la prévention… Mais avec l’annonce des trois cas de chikungunya à Saint-Gilles, la présidente Josette Brosse, pourrait devoir reprendre son bâton de pèlerin.
D'ores et déjà, elle se pose des questions quant à l’origine de la transmission : "Sont-ils des cas autochtones ? C'est possible et voudrait dire qu’il y avait des œufs infectés à proximité. Je rappelle que les œufs peuvent vivre sans eau pendant deux à quatre années. Il suffirait d’une goutte d’eau pour que l’œuf infecté puisse se développer normalement", expose Josette Brosse qui ajoute, après quelques secondes de silence. "Je suis surprise de l’annonce de ces cas, ca peut vouloir dire que la démoustication n’est pas parfaite".
Autre éventualité : "ces personnes ont été en contact avec quelqu’un qui est sorti de l’île et qui est porteur du virus. Dans certains pays comme l’Inde, le chikungunya est présent", rappelle Josette Brosse.
Les informations apportées par la Drass ne suffisent pas à se faire une opinion. Par contre, la présidente, par principe de précaution, espère que les actions vont rapidement se mettre en place. La Drass a dores et déjà intensifié le travail de démoustication dans la zone où les trois cas ont été détectés.
Josette Brosse va plus loin dans son analyse : "Ca devient épidémique dès lors qu’il y a plus de 50 cas par semaine. Quand il y avait eu la grosse épidémie, j’avais demandé que les autorités prennent la décision d’isoler les gens, porteurs du virus, pendant 7 jours chez eux pour qu’ils ne puissent pas le transmettre en se faisant piquer. On avait préféré me rigoler au nez ! J’espère que cette fois on fera comme pour la grippe A si un nouvel épisode épidémique survenait", espère-t-elle.
La question majeure qui revient à la bouche de la population, et également de Josette Brosse: "Que se passe-t-il si on cumule chikungunya et grippe A ?" Les professionnels de santé ne se sont pas encore prononcés sur le sujet mais en tout état de cause, la présidente de l’association de lutte contre le chikungunya appelle les communes à avoir leur propre service de prophylaxie, en complément de la Drass: "Qui mieux que la commune pour savoir où peuvent se cacher les foyers de moustiques et aborder les gens chez eux et les mettre à l’aise?", explique Josette Brosse.
Si trois cas ont été détectés, il ne s’agit pas d’avoir un discours alarmiste. Une réunion, avec la Drass et la Cire notamment, devrait avoir lieu aujourd’hui.


