Maputo-2 : Un sommet à haut risque pour la transition malgache
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"Happy end" de courte durée pour les 4 signataires (Ratsiraka, Zafy, Ravalomanana et Rajoelina) de l'accord historique de Maputo le 09 Août 2009: même si Andry Rajoelina annonçait "une victoire pour le peuple malgache" dès son retour de Maputo-1, les tenants de la lutte populaire pour une refondation républicaine "à la malgache" ("ady gasy") restent sur leurs gardes, face à un éventuel retour de Marc Ravalomanana sous couvert de médiation du Groupe International de Contact (GIC) actuellement piloté par Joachim Chissano...
Guerre de communiqués
Les forces armées malgaches ont annoncé la couleur dès le 05 Août dernier alors que débutaient les négociations, en déclarant haut et fort leur refus anticipé d'un retour programmé de Marc Ravalomanana à l'issue du sommet de Maputo: après lecture des textes cosignés par les "4 présidents", les militaires récidivent avec un deuxième communiqué rejetant nommément l'article 22 de l'Accord, qui prévoit la mise en place d'un Comité (restreint) de Réflexion sur la Sécurité et la Défense Nationale, composé de 8 membres à désigner par les 4 chefs de mouvances politiques interlocuteurs du GIC.
Cette disposition représente en effet pour les responsables des forces armées malgaches un recul certain par rapport aux résultats des récentes Assises Militaires, conclues par la "paix des braves" , à l'issue du bras-de-fer entre les officiers légalistes pro-Ravalomanana et le groupe de sous-officiers mutins aux côtés du mouvement de masse, entraînant le basculement de la crise politique en Mars 2009 en faveur de Andry Rajoelina.
Lors des précédentes négociations, l'Amiral Ratsiraka avait déjà manifesté son hostilité à la mise en place d'un large Comité Militaire en dehors de pression politique du pouvoir: on comprend donc que l'objectif implicite dudit article 22 puisse être interprété comme une volonté d'affaiblir cette cohésion des forces armées, acquise au cours de la lutte populaire. En d'autres termes, il s'agirait pour le président déchu de déblayer le terrain pour le successeur (qui pourrait ne pas être Andry Rajoelina, d'après certains pronostics...) de Marc Ravalomanana en neutralisant le rôle jugé trop prédominant de l'armée dans le processus de transition actuel.
Forces de changement
Autre déclaration significative, celle du parti MONIMA (parti historique malgache présidé par l'actuel Premier Ministre Monja Roindrefo) en réunion au sommet à Toliary les 15 et 16 Août 2009: on se souvient que Monja Roindrefo avait été récemment donné "démissionnaire" suite à la rumeur non élucidée de l' "Accord d'Epinal" concocté d'outremer par les barons de la Françafrique.
Concernant l'accord de Maputo, les cadres du MONIMA récusent notamment "l'interdiction faite aux membres du gouvernement de transition de se présenter aux prochaines élections présidentielles", la promesse d'amnistie à Marc Ravalomanana et les risques de division des forces armées induites par l'article 22 de l'Accord.
La déclaration du MONIMA rejoint celle faite en conférence de presse le 12 Août dernier par les "Forces de Changement", réunissant 27 partis politiques refusant le retour de Marc Ravalomanana et l'instauration de la culture d'impunité par l'amnistie générale. Ils soutiennent par contre le maintien de Andry Rajoelina et Monja Roindrefo à la tête de la transition malgache. D'après leur porte-parole , le toujours jeune Pasteur Richard Andriamanjato (et non moins père de l'actuel Ministre des Affaires Etrangères de transition, Ny Hasina Andriamanjato), les Forces de Changement réclament aussi la majorité au sein du nouveau Gouvernement de transition qui devrait émerger à l'issue du sommet de Maputo-2, prévu du 19 au 29 Août prochains. Enfin, Andry Rajoelina a réaffirmé dans son talk-show du week-end dernier sa volonté de continuer à diriger en personne la transition actuelle, face aux rumeurs de son éviction au sommet de l'Etat dans le cadre d'un schéma de transition "neutre" sous l'égide de la communauté internationale...
Mouvances privilégiées
Dans ce contexte, les médiateurs internationaux à commencer par Joachim Chissano devront veiller à ménager les susceptibilités des acteurs de terrain, face au tollé des Forces de Changement mais aussi de la société civile engagée dans le processus de consultation des Assises régionales et nationales : rappelons que les Assises nationales sont prévues fin Août 2009 et destinées à encadrer la réforme constitutionnelle pour une véritable refondation républicaine -politique, économique, sociale et culturelle - "à la malgache" ("ady gasy").
Ces entités critiquent notamment la méthodologie de médiation du GIC, censé faciliter la constitution d'un gouvernement d'union nationale de transition et non procéder lui-même à la sélection des membres dudit gouvernement (avec présentation de Curriculum Vitae: avis aux amateurs! ), mais aussi en raison du "mépris" affiché par le GIC par rapport aux résolutions des Assises régionales jugées unilatérales par la communauté internationale.
Le cas échéant, un front uni de ces deux tendances pourrait annuler les effets attendus d'un "Accord de Maputo-2" obtenu à force de compromis (ou de compromissions?) au sommet entre les 4 mouvances politiques privilégiées par le Groupe International de Contact !
A lire également sur zinfos974.com:
· "Madagascar 2009: Pas d'état de grâce pour la transition malgache!" ((08 Avril 09)
· "Nouvelle médiation internationale après les Assises régionales malgaches" (04 Juillet 09)
· "Entre pouvoir traditionnel et Françafrique: quelle sortie de crise "à la malgache" après Maputo?" (07 Août 09)
18 Août 2009
AdyGasy-SystemD


