Revenir à la rubrique : Courrier des lecteurs

FSU : En finir avec le classement des lycées

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 12 avril 2015 à 16H33

L'école publique accueille tous les jeunes sans exclusive ni sélection et s'efforce, avec les faibles moyens dont elle dispose, dans des classes surchargées et avec des horaires disciplinaires réduits, de les faire réussir aux examens. Classer les lycées en fonction de leurs résultats au bac laisse entendre que dans certains lycées cette tache gigantesque s'accomplirait avec plus ou moins de dévouement.

Ce classement donne l'illusion qu'en "choisissant" un lycée plutôt qu'un autre, les chances de réussite d'un élève en serait augmentées ou réduites. C'est évidemment faux.

Cette obsession du classement, une pratique très à la mode, est un leurre.

Il n'est pas anodin d'observer que les lycées qui sont en tête, que ce soit à la Réunion ou dans l'Hexagone, sont des établissements privés qui, contrairement au secteur public peuvent sélectionner leurs élèves à l'inscription (y compris à l'inscription au bac), que par ailleurs ils bénéficient, quand ils sont sous contrat, d'un financement de l'État qui couvre 100 % des frais de personnels et de fonctionnement auquel s'ajoutent les frais d'inscription demandés aux parents. Leurs moyens sont donc augmentés d'autant, contrairement à l'école publique qui elle assure la gratuité des frais de scolarité, fondement républicain de l'égalité des chances.
Ces moyens supplémentaires combinés à une sélection à l'inscription permettent donc sans difficulté d'afficher des taux de réussite proches de 100 %. A croire que ce classement au fond n'est destiné qu'à faire la promotion de l'enseignement privé, belle aubaine pour justifier le désengagement de l'État à l'égard de ses lycées publics.

Tout comme l'éducation, le lycée n'est pas une marchandise dont on pourrait comparer le rapport qualité/prix ou faire un concours de miss ; la mise en concurrence des établissements est une absurdité, les programmes étant identiques et les enseignants formés de la même manière.

D'autre part, ce classement s'appuie sur des critères hautement contestables : par exemple, est examiné le taux de passage en classe supérieure, c'est-à-dire le nombre d'élèves qui ne redoublent pas. Or l'institution est très réticente à accorder des redoublements pour des raisons économiques et fixe des quotas par niveau et par an. Ce critère n'est donc pas pertinent ; s'y ajoutent des consignes d'extrême indulgence exigée des correcteurs du bac, sommés de réaliser là aussi une performance globale fixée en amont.

Quant à la "valeur ajoutée", soit la différence entre les résultats attendus et les résultats obtenus, elle dépend de ce qui est déclaré comme attendu et donc peut tout à fait se manipuler.

C'est pourquoi la FSU et ses syndicats d'enseignants estiment urgent d'en finir avec cette mode du palmarès des lycées et exhorte le ministère à donner au service public d'éducation les moyens de la réussite de tous les élèves plutôt que de laisser entendre à demi-mot que les réussites ou les échecs seraient le fait de situations propres à chaque lycée.

FSU Réunion, SNES-FSU, SNUEP-FSU, SNEP-FSU

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :