À l’attention de Monsieur Boyon, Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel
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Monsieur,
J’ai le regret de vous informer qu’après deux semaines d’observation, le volume moyen hebdomadaire des émissions produites localement, en première diffusion sur Antenne Réunion, n’est que de 11h et 20 minutes environ, alors que l’article 3-1-1 de la convention CSA/Antenne préconise 14 h minimum en moyenne hebdomadaire -en première diffusion.
Il existe peut être un cruel désamour injuste entre Antenne Réunion et les producteurs locaux. En effet, lors des Etats Généraux de l’Outre-mer consacrés à l’image (fin mai 2009), les producteurs, téléspectateurs, réalisateurs et directeurs d’RFO Réunion ont débattu mais Antenne Réunion a brillé par son mutisme ou son absence. Les directeurs de RFO se sont d’ailleurs montrés affables et abordables avec des épaules assez larges pour porter seuls presque toutes les complaintes des producteurs locaux.
Conscient que les points ci-dessus ne sont peut-être pas représentatifs, j’ai choisi un indicateur plus objectif : le site internet de l’organisme qui aide au financement et au développement du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia à La Réunion (ADCAM). De 2000 à 2008, l’ADCAM à aidé au financement d’environ 144 heures d’émissions TV (diffusées). Malheureusement, Antenne Réunion n’a participé à la diffusion ou au co-financement que de 12 pour cent de celles-ci - contre 49 pour RFO (Canal OI, France 2, France 3, France 5, Voyage etc pour le reste). Il est crucial que RFO n’entre pas dans le jeu de la concurrence à outrance aveugle et stérile livrée par Antenne Réunion, notre patrimoine local audio-visuel en souffrirait vivement. Si RFO se lançait dans une bataille œil pour œil, série US pour série US, l’industrie de production audio-visuelle locale deviendrait probablement moribonde, réduite à la production de spots de publicité (aussi créative soit cette dernière, entendons-nous bien: certains spots me font rire comme une baleine au large de Saint-Paul).
Ce constat est pour le moins affligeant quand on sait que le directeur des programmes d’Antenne Réunion affirmait lors de l’audition publique du CSA le 17 octobre 2001 :
"Nous avons une douzaine de producteurs indépendants qui s'équipent et que nous aiderons, s'il le faut, à s'équiper [ndlr sérieusement?]. Grâce à cela, nous pouvons renforcer l'offre de programmes locale. Nous sommes passés de *25%* à *35%* et je pense même que, d'ici à la fin de l'année, nous pourrons passer à *40%* sans augmenter les coûts.” *P14.*
Au cours des deux dernières semaines, la part de production locale sur Antenne – en première diffusion – somnole à un peu moins de 10 pour cent. Chez nous on dit "la lang na poin le zo".
En l’état, pensez-vous qu’Antenne fasse entorse aux articles 3-2-2 et 3-2-3 de la convention de 2007 ?
Je continuerai à vous informer des progrès de leur grille des programmes avec une surprise de taille la semaine prochaine ou celle d’après. Moins factuel, j’aborderai aussi les raisons du désamour décrit ci-dessus. Je vous ferai aussi parvenir les données telles que je les ai compilées… à moins de les mettre en ligne, plus simplement ?
Merci de me donner votre avis à propos des points ci-dessus à l’adresse suivante **********************
Je vous prie d’accepter l’expression de mes sentiments les meilleurs.
À la semaine prochaine pour encore plus de flagrants délires télévisuels,
Justain Court


