Le Syndicat Commerce et Services CFDT est contre la généralisation et la banalisation du travail du dimanche

Ce mercredi 10 décembre 2014, le projet de loi de Monsieur MACRON sera présenté devant le conseil des Ministres. Le Syndicat Commerce et Services CFDT de la Réunion, est parfaitement dans la droite ligne de contestation de sa Fédération des Services CFDT au niveau National.
Le Syndicat Commerce et Services CFDT de la Réunion, tient à marquer sa désapprobation à l’égard du projet de loi Macron et s’il reste en l’état, ce projet de loi aboutira à un échec de la simplification du droit en vigueur ainsi qu’à un recul des droits des salariés notamment par :
• Une dégradation manifeste des droits des salariés concernés, et en particulier des salariés des établissements de moins de 20 salariés, qui seraient exclus de la compensation financière.
• Une multiplication des situations dérogatoires, ou les commerces non alimentaires qui souhaiteront ouvrir cinq dimanches par an pourront donc le faire de bon droit, et le maire ne pourra pas s’y opposer.
• Un pouvoir de décision unilatérale donné aux maires, car le projet de loi introduit également la possibilité pour les commerces d’ouvrir sept dimanches supplémentaires chaque année, avec l’accord de la mairie cette fois.
• Une sortie des heures de 21h à minuit du décompte du travail de nuit aux «zones à fort potentiel touristique et économique». Dans ces zones, les commerces pourraient rester ouverts tous les dimanches et en soirée (après 21h)
• Une absence de prise en compte des sous-traitants et prestataires ainsi que des branches au sein desquelles le travail du dimanche bénéficie d’une dérogation permanente.
La CFDT commerce et services de la Réunion à toujours considéré que le travail du dimanche ne devait être ni généralisé ni banalisé.
Ses positions ont été partagées publiquement par Monsieur François HOLLANDE alors qu’il était député de la Corrèze et président du conseil général en décembre 2008.
Il accusait, à l’époque (dans des termes aussi forts que justes), le projet d’ouverture accélérée des magasins le dimanche d’« aller à l’encontre de l’évolution du progrès humain ».
Il dénonçait également l’inutilité économique de l’ouverture des magasins le dimanche, et il écrivait qu’ « ouvrir le dimanche ne relancerait pas le pouvoir d’achat et la consommation », les salariés ne pouvant pas « dépenser le dimanche l’argent qui leur manque en semaine » et « pire encore, le coût des salaires dominicaux [provoquerait] une nouvelle hausse des prix ».
Dès lors, Monsieur François HOLLANDE pourquoi accentuer encore plus l’ouverture des magasins le dimanche, quand le pouvoir d’achat des salariés n’a pas évolué ?
Le projet de loi de M. Macron, pour le Syndicat Commerce et Services CFDT de la Réunion ne donne pas un cadre organisé au « volontariat », ce qui permettrait de contourner dans plusieurs cas la négociation collective avec les représentants élus des salariés.
Monsieur François HOLLANDE lui-même en 2008, à reconnu que « mettre en avant le volontariat du personnel méconnaît l'inégalité de la relation employeur/salarié ».
Qui ne signerait pas et n’approuverait pas aujourd’hui vos propos d’alors, selon lesquels « au moment où tout appelle à plus de régulation, on ne peut croire à un effet positif d’une nouvelle déréglementation, alors même que les précédentes n’ont pas donné les effets escomptés » ?
Monsieur le Président, quelle valeur faut-il encore donner aujourd’hui à vos paroles de 2008 ?
Monsieur le Président, ce dossier du travail dominical qui était d’évidence pour vous en 2008 ne s’inscrit plus dans une logique de simplification et encore moins dans celle de progrès social qui était la vôtre comme député.
Monsieur le Président de la République, en 2008 vous étiez contre le projet d’ouverture accélérée des magasins le dimanche, votre slogan de campagne présidentielle vous colle à la peau « le changement c’est maintenant » appliquer ce dont vous avez défendu en 2008 c’est ce qu’attendent les Français et Françaises d’outre-mer et de la France Métropolitaine.
Joël Dalleau
Secrétaire Général du Syndicat Commerce et Services CFDT Réunion.


