Les violences envers les femmes continuent d'augmenter

La délinquance, l’addictologie, les dérives sectaires, l’insécurité routière et les violences faites aux femmes étaient au coeur de la réunion. "Nous souhaitions faire un point sur le plan départemental lancé en 2013 et travailler sur le renforcement des actions menées", a expliqué le Préfet. Globalement, la Réunion se situe dans la moyenne nationale en matière de délinquance, oscillant entre le 60ème et le 65ème rang.
Le taux de cambriolages connaît un recul, avec 13 faits constatés pour 1.000 habitants contre 23 pour 1.000 habitants au niveau national. Côté insécurité routière, l’île se situe dans la moyenne nationale, à l’exception du nombre de piétons tués : "17 décès ont été enregistrés, souligne Dominique Sorain. C’est un record national". Depuis le début de l’année, 13 conducteurs de deux-roues ont également perdu la vie. "Il faut continuer les efforts en multipliant les contrôles routiers, notamment à la sorties des établissements de nuit" a-t-il ajouté.
Les violences faites aux femmes, en progression d’environ 8%, restent "le gros problème" sur l’île. Pas moins de 159 cas ont été constatés en 2014. Un chiffre qui n’est pas définitif et qui reste à interpréter selon le Préfet : "Il est difficile de savoir s’il y a réellement plus de cas de violences faites aux femmes ou plus de dénonciations enregistrées?"
"Les femmes victimes de violence n'en parlent encore pas assez"
"Derrière ces violences physiques, souvent intrafamiliales, on retrouve les problèmes liés à l’alcool ou à d’autres problèmes sociaux", relève Eric Tuffery, procureur de la République du TGI (Tribunal de Grande Instance) de Saint-Denis, également présent au conseil départemental. Selon lui, "les victimes n’en parlent encore pas assez". Pour remédier à ce silence, une équipe d’assistants sociaux a donc été déployée dans les gendarmeries et dans les commissariats.
La conseillère générale Isabelle Poudroux a aussi tenu à rappeler aux victimes de violences qu’elles peuvent être accueillies en centres d’hébergement, ou dans des hôtels, gîtes et pensions de familles. "Le Conseil Général offre également des subventions aux associations qui assurent un vrai travail de terrain", a-t-elle précisé.
Enfin, Dominique Sorain entend installer des dispositifs de vidéosurveillance dans les communes, qu’il estime un bon moyen de lutte efficace. Six communes seraient déjà prêtes à s'équiper de caméras. "Il ne faut pas se satisfaire de ces chiffres, la vigilance est permanente et le travail en réseau nécessaire", a conclu le Préfet.


