St-Gilles: Une première archéologique, avant de construire des logements

Sur le site de l'ancienne usine sucrière de Grand Fond Saint-Gilles commencera fin avril le chantier de 93 logements sociaux et intermédiaires.
Avant que cette phase de construction ne débute, des fouilles archéologiques préventives ont lieu sous la houlette de l'INRAP, l'Institut national de recherches archéologiques préventives qui existe depuis 2001. Une première à La Réunion.
Depuis le 3 février, une équipe d'archéologues - six personnes en tout - creusent, décapent et mettent au jour ce qu'il reste des fondements de l'usine dont le premier état de construction s'est achevé en 1894. Ses bâtiments connaîtront plus tard des "stades de rénovation intermédiaires", explique Christine Etrich. responsable scientifique à l'INRAP.
Après plusieurs sondages effectués en périphérie de la cheminée de la route du Théâtre, les spécialistes ont délimité leur zone de travail sur tout de même 4.700 m2, jugés à "forte densité de vestiges".
Aux côtés des archéologues pour cette présentation, les représentants de la SHLMR (Société d'habitations à loyer modéré de La Réunion) se félicitent aujourd'hui - et ce malgré le retard engendré - d'avoir participé à cette première, pour la bonne cause, explique Valérie Lenormand, directrice Développement.
Fin 2012 en effet, le bailleur social dépose un permis de construire auprès de la mairie de Saint-Paul. Mais l'installation récente d'un conservateur du patrimoine dans notre département et du souci de l'archéologie ont engendré une procédure jusque-là jamais utilisée à La Réunion. La publication d'un arrêté préfectoral contraignant l'aménageur à réviser ses plans suivra.
"Le pire pour un aménageur, c'est l'imprévu"
Avant que les fouilles préventives n'entrent réellement dans les réflexes de sauvegarde de la mémoire des lieux, tout chantier pouvait être interrompu en fonction de ce que les ouvriers venaient à trouver sous les coups de pelleteuse. "Le pire pour un aménageur, c'est l'imprévu", confirme Edouard Jacquot, conservateur du patrimoine (DAC OI).
Malgré tous les efforts consentis pour dépoussiérer ces vestiges de Grand Fond, seule la zone principale entourant la cheminée maçonneries abritant une machine à vapeur, un support de moulin à canne et une chaudière) sera préservée. "Notre but est de sauvegarder la connaissance et pas les reliques", fait remarquer le responsable de la Direction des affaires culturelles.
Le 14 mars, date prévue de fin des fouilles, les spécialistes de l'INRAP seront en mesure de confronter les données des fouilles aux archives et actes notariés de l'ancienne propriété.
La SHLMR, qui a dû participer à hauteur de 25% du financement des fouilles (soit 50.000 euros + 75% provenant de l'Etat), pourra enfin lâcher camions et pelleteuses pour son programme de 93 logements qui ne devront pas dépasser un étage. Site remarquable oblige.



