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Julie Sidiot: "Mon travail m'a permis de faire face aux adversités de ma vie de couple"

A l'occasion de la journée internationale de la femme célébrée le 8 mars, la rédaction de Zinfos974 vous propose, chaque jour jusqu'à la date anniversaire, le portrait d'une personnalité locale, personnalité du fait de son engagement ou de son parcours. Le 8 mars, ce n’est pas la journée de la galanterie ! Encore moins la Saint Valentin, ni la fête des mères ou des grands-mères. Surtout pas la Sainte Catherine. Et ce n’est pas la peine d’offrir des fleurs, une robe ou des bricoles aux femmes de votre entourage. La journée internationale de la femme est destinée à valoriser cette autre moitié de l’humanité qui porte le ciel (dixit Mao Tsé Toung) en mettant en avant la parité, l’égalité pour toutes les femmes. Il était curieux de connaître l’avis de quelques femmes sur leur place dans la société actuelle et les évolutions en matière d’égalité. Quatre femmes actives et qui s’activent sur les réseaux sociaux, ont bien voulu répondre sans ambages aux questions de Zinfos. Des femmes qui permettent à d’autres femmes de pouvoir s’identifier. Julie Sidiot, qui êtes-vous?
Ecrit par zinfos974 – le mardi 4 mars 2014 à 14H00

Deux garçons de 16 et 18 ans, bien élevés. Trois boutiques de lingerie haut de gamme et un tempérament de 100.000 volts, Julie Sidiot n’a pas à rougir de son parcours depuis qu’elle s’est jetée dans l’eau de la vie. Lorsqu’elle regarde dans le rétroviseur de son existence, elle en est fière. Sa vision sur la journée de la femme est l’occasion de mieux la connaître.
 
Pensez-vous que la journée de la femme a encore sa raison d’être ?

Pour moi cette journée a sa raison d’être. Elle a le mérite de mettre en lumière les femmes, leurs activités ici et à travers le monde. Les femmes prennent de plus en plus leur autonomie dans la sphère publique et privée. Autour de moi, il y a beaucoup de femmes battantes même si elles ne travaillent pas à l’extérieur. Cette manifestation est nécessaire pour mettre en avant des thématiques qui sont très peu abordées. C’est rageant de voir dans certains pays que les femmes ne peuvent pas conduire. Ou encore celles qui subissent les "mariages arrangés" ou encore des viols collectifs comme on en voit en Inde. Les réseaux sociaux sont un super relais pour les femmes. Elles ont l’occasion de voir ce qui se passe dans d’autres pays et c’est une petite révolution de savoir qu’en dix secondes, la planète est au courant de ce qui peut se passer à travers le monde.
 
Que répondez-vous à une jeune femme qui a comme projet de vie de se marier, de faire des enfants et surtout ne pas travailler ?
 
Je lui répondrais que c’est un véritable suicide ! Le mariage est devenu un lien fragile. Miser sur une émotion, des sentiments, ce n’est pas chose facile tout au long d’une vie ; avec toutes les protections qui existent pour les femmes comme pour les hommes, un enfant n’est plus "un accident" !
Chaque personne (femme, homme) est destinée à faire quelque chose, à avoir un centre d’intérêt. Mon épanouissement passe par mon travail et l’éducation de mes enfants, l’un ne va pas sans l’autre. Lors de mon divorce, il a fallu que je mette les bouchées doubles au niveau professionnel. Je n’ai pas baissé les bras. Il y a plus de femmes que d’hommes qui se retrouvent seules avec des enfants. Les hommes ont tendance à faire l’autruche face à la présence des enfants, à leur éducation. Une femme qui ne travaille pas, qui mise tout sur l’affectif, je respecterais son choix mais avec un doute. Quant à moi mon travail m’a permis de faire face aux adversités de ma vie de couple. Le contraire est possible aussi mais à notre époque la solidité du mariage est à la dérive.

Est-ce que l’homoparentalité est une nouvelle forme de famille ?
 
Tant qu’il va de l’intérêt, du bonheur d’un enfant pourquoi un couple homosexuel n’aurait pas les mêmes droits que les autres couples ? Il y va de l’épanouissement, du bien-être de l’enfant. Parallèlement, je comprends qu’il y ait des personnes qui soient contre. Nous avons de la chance d’être dans une société où chacun est libre de ses opinions.
 
Avez-vous du faire des choix entre enfants et carrières ?
 
Tout est venu naturellement. J’ai commencé à travailler à l’âge de 17 ans. Mon père avait des doutes dans le choix de mon commerce de sous-vêtements, il m’a tout de même laisser faire. Depuis, je suis dans le tourbillon de la vie. Le mariage, les enfants, l’entreprise, tout s’est construit au fil des années. Je suis opérationnelle 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Avec le temps, il m’arrive d’avoir envie de me poser, d’avoir des espaces bien à moi. Les soucis au quotidien, le travail, les enfants, m’empêchent parfois de penser à la femme que je suis mais je ne suis pas du genre à pleurer sur mon sort. Je retrousse mes manches et je vais de l’avant. Rien ne m’arrête et je ne veux rien lâcher. C’est mon tempérament.

Qu’est-ce que vous voulez transmettre à vos futures éventuelles petites-filles ?
 
De profiter de la vie et de garder la notion de respect de soi. Un respect qui a tendance à se perdre. Les réseaux sociaux sont des éléments qui ont facilité nos vies mais il y a le revers de la médaille. Aujourd’hui même lors des repas de familles on garde nos téléphones à portée de mains, on se texte, on s’isole pour appeler. Cela entrave les dialogues, les rencontres de visu. Il faut être plus fort que cette nouvelle technique, se préserver des espaces où les écrans sont éteints. Les discussions lors des tête-à-tête et des réunions de famille doivent reprendre le dessus.

 

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