Lurel: "La fin des quotas sucriers doit être anticipée collectivement"

Le grand oral du ministre des Outre-mer devant la Délégation Outre-mer du Sénat marquera quoi qu'il en soit un tournant.
Longtemps évoqué à demi-mot pour ne pas froisser toute une économie, la remise à plat des quotas sucriers est pour la première fois évoquée ouvertement et avec précision par un membre du gouvernement.
Il n'en fallait pas tant pour faire ressurgir les craintes des professionnels du secteur. Sollicité hier après-midi, le Ministère des Outre-mer clarifie, en attendant que le compte-rendu de l'audition du ministre soit publié, les propos prêtés à Victorin Lurel.
"C'est un mauvais procès qui est fait au ministre", répond son cabinet hier soir, d'autant plus que "l'engagement" de Victorin Lurel en faveur de la filière sucre/rhum n'a jamais été aussi fort.
La rue Oudinot évoque la mauvaise interprétation d'un court passage en conclusion de l'audition du ministre devant la Délégation Outre-mer du Sénat comme point de départ à cet emballement politique (voir le communiqué du PCR ce jeudi).
"Il faut anticiper la fin des quotas sucriers pour 2017 au contraire pour préparer cette transition. Voilà pourquoi le ministre estime qu'il faut travailler le plus en amont possible avec les acteurs de la filière canne. Il ne s'agit nullement d'un démantèlement de la filière", évoque le cabinet du ministre.
Toutes ces raisons expliquent pourquoi une "étude indépendante" a été commandée afin d'évaluer l'impact de la fin de ce régime.
Plus tard, dans la soirée de jeudi, c'est un communiqué de presse qui viendra parachever la mise au point de Paris.
"Victorin Lurel tient à rappeler que le gouvernement n'a eu de cesse de défendre la filière canne, sucre et rhum des Outre-mer depuis 18 mois, en particulier dans le dossier de la fiscalité des rhums devant l'Union européenne. La volonté de préserver l'avenir de cette filière nécessite d'anticiper collectivement avec les élus et les professionnels des outre-mer les conséquences de la fin des quotas sucriers prévue pour la campagne 2017. (...) L'enjeu est bien le confortement de la filière et ses perspectives de développement dans ce nouvel environnement", conclut le communiqué.


