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Michel Sapin : "Avant d'en demander plus, utilisez les outils déjà mis en place !"

Michel Sapin a pu se rendre compte de la situation de la Réunion vis à vis du chômage au cours d'une table ronde avec les acteurs locaux. Pour lutter contre le chômage, le maire de Saint-Denis a demandé 40.000 contrats aidés supplémentaires. Michel Sapin en a annoncé seulement 5.000 de plus et prévenu les décideurs locaux : "Avant d'en demander plus, utilisez les outils déjà mis en place !"
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 14 novembre 2013 à 16H18

Premier rendez-vous important pour le ministre du Travail, Michel Sapin, ce midi à l'hôtel de ville de Saint-Denis : une table ronde sur "la mobilisation pour l'emploi et la formation professionnelle".

Le ministre, venu "d'abord pour écouter", a pu entendre les chiffres catastrophiques qui résument la situation extrêmement difficile de la Réunion vis à vis du chômage. Ainsi, les acteurs de l'emploi (Insee, Pôle Emploi, associations...) ont souligné que 56% des jeunes sont au chômage, et près de 30% de la population. 343.000 Réunionnais sont en dessous du seuil de pauvreté, et vu la forte croissance démographique du département, il est nécessaire de créer plus de 7.700 emplois par an pour réduire la courbe du chômage.

Annette demande 40.000 contrats aidés supplémentaires...

"Nous voyons la gangrène du chômage défigurer la Réunion. Nous ne pouvons plus supporter ce drame qui atteint toutes les familles. Il y a chez nous une partie de la population qui est condamnée à ne jamais travailler", a expliqué pour sa part Gilbert Annette, le maire de Saint-Denis, qui a demandé au ministre, Michel Sapin, que la Réunion reçoive "un traitement hors-norme" pour lutter contre le chômage. Il a ainsi réitéré sa demande de voir "40.000 contrats aidés supplémentaires à la Réunion".

"L'heure est venue, à budget constant, de convertir une part des bénéficiaires du RSA en contrats aidés. Il nous faut 40.000 contrats aidés supplémentaires pour ramener le taux de chômage de 30% à 20%", a indiqué l'édile du chef lieu.

Réplique du ministre : "vous avez de la suite dans les idées !". S'il n'a pas répondu favorablement à la demande de Gilbert Annette, le ministre du Travail a livré en substance deux messages, à l'heure de conclure cette table ronde.

"Avant d'en demander plus, utilisez les outils déjà mis en place !"

Le premier est celui-ci : "Il faut mobiliser au maximum les outils existants. Avant d'en demander plus, utilisez ce qui est déjà mis en place !". A savoir, les emplois d'avenir, les contrats de génération ou encore la garantie jeune. "L'objectif était de créer 5.000 emplois d'avenir en 2013. A ce jour, il en reste 2.500 d'ici la fin de l'année. Allez-y !", a-t-il lancé aux acteurs locaux.

"Une convention a été signée en début de cette année avec le Département. Ce dernier s'est engagé à créer 5.367 contrats aidés" pour des bénéficiaires du RSA sans activité (comme ce que demande Gilbert Annette, ndrl). "Aujourd'hui, il y en a 3.716 mis en place. Allez-y !", a-t-il ajouté. Le ministre a également rappelé que la durée des contrats aidés a été doublée, passant de 6 à 12 mois.

5.000 contrats aidés pour les chômeurs en grande difficulté

Deuxième message de Michel Sapin : "L'Etat est prêt à renforcer les moyens" pour lutter contre le chômage, "dès lors que les premiers outils ont été utilisés". Le ministre du Travail se dit ainsi prêt à lancer "un appel à projets avec 5.000 contrats aidés supplémentaires, avec des niveaux de prise en charge par l'Etat supérieur, de l'ordre de 90 ou 95%". Ces contrats d'avenir seraient réservés "à des publics particulièrement en difficulté" (chômeurs de longue durée en très grande difficulté, ndlr).

Michel Sapin a également souligné que la garantie jeunes était un moyen pour les jeunes les plus éloignés de l'emploi et de la formation de "répondre à un besoin de ressources des jeunes et à un engagement de ceux-ci" vers une insertion professionnelle. Le ministre du Travail a ajouté qu'une garantie jeunesse avait été signée au niveau européen, permettant de dégager "des crédits européens pour faire plus, pour accompagner ces efforts". Des fonds qui pourront être utilisés, a assuré le ministre, pour financer des emplois d'avenir, des garanties jeunes... "Il y a une solidarité nationale et européenne", a insisté Michel Sapin, avant de quitter les lieux.

 

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