Prélèvement de requins: Sea Shepherd n'a pas dit son dernier mot

On aurait pu croire l'ONG Sea Shepherd assomée après les dernières annonces du préfet de la Réunion Jean-Luc Marx ? Pas du tout, répond Lamya Essemlali, présidente de la Sea Shepherd Conservation Society en France, interrogée sur Outre-Mer 1ère. Elle demeure d'ailleurs toujours autant offensive.
La présidente de l'antenne française de l'ONG de protection des espèces marines, dit "envisager tous les recours possibles". Suite à la décision du préfet qui veut autoriser la chasse dans la réserve marine, Lamya Essemlali rappelle que Sea Shepherd "a déjà obtenu deux fois gain de cause auprès du tribunal administratif de Saint-Denis".
Mais ses plus vives critiques vont à l'encontre du nouveau quota de 90 requins pêchés, cette fois pour connaître le degré de risque ciguatérique dont ils pourraient être porteurs.
Selon elle, "il n’est pas nécessaire de tuer 90 requins pour ça", d’autant que les résultats de la première campagne de chasse scientifique ne sont même pas connus. "Nous n'avons même pas encore les résultats de la première campagne de chasse scientifique et la préfecture en lance déjà une deuxième. Pourquoi 90 requins ?", demande-t-elle. "Cela aurait pu être 20 comme 150. Le préfet présente par ailleurs cette chasse comme se faisant dans le cadre d’une gestion raisonnée des stocks. Cela pourrait être drôle, si ce n’était pas si dramatique !", ajoute-t-elle.
"Comment peut-on parler d’une gestion raisonnée des stocks alors qu’on n'a absolument aucune idée du nombre de requins sur la zone puisque l'on est dans un milieu ouvert sur l’océan, explique Lamya Essemlali. Cela veut dire qu’on va tuer systématiquement les requins qui vont s’approcher des côtes alors qu’on sait que, dans le même temps, à l’échelle globale, ce sont des dizaines de millions de requins qui sont tués chaque année, toutes espèces confondues".
Sea Shepherd est décidément prête à rebondir.


