Les "victimes du dysfonctionnement de la justice" manifestent devant le tribunal

Ils se caractérisent par leur statut de "victimes du dysfonctionnement de la justice" ou se révoltent contre toutes formes d'injustice… Salim Moussajee, Jamel Kada, Ruffine Hoarau ou encore Antoine Franco et le syndicaliste, Paul Junot, se sont réunis ce mardi matin, devant le tribunal de Champ Fleuri, pour une "manifestation pacifique".
Chaque "victime indignée", son dossier sous le bras, a symboliquement déposé une "lettre d'alerte" au secrétariat du nouveau procureur général, pour le sensibiliser sur "les importants dysfonctionnements dans le traitement de nos affaires", explique Salim Moussajee en lutte judiciaire contre la Sogecore depuis plusieurs années.
Ce dernier rappelle, par exemple, être "piétiné" par son adversaire qui "s'asseoit sur les décisions de justice exécutoires dans une indifférence générale", peut-on lire dans sa lettre d'alerte. Si pour Salim Moussajee, la "mansuétude" de la justice a permis à la Sogecore de "tout gagner", le combat continue: "Nous espérons cependant que les pourvois en cassation en cours feront éclater toutes les bizarreries procédurales de notre affaire et nous envisageons de saisir le conseil supérieur de la magistrature concernant certains éléments de notre dossier", indique le jeune homme qui considère son affaire comme une "affaire Tapie péi".
Salim Moussajee est convaincu qu'une "infime minorité de personnes est corrompue". Et il n'est pas le seul. A ses côtés, Jamel Kada. Lui aussi a symboliquement déposé une "lettre d'alerte" pour rappeler l'absence de réaction de l'autorité judiciaire alors que les années passent et que la situation se détériore concernant l'illégalité d'un permis de construire et les répercussions liées "aux abus de propriétaires qui bénéficient du soutien inconditionnel" de municipalités.
Autre exemple, autre cas particulier. Ruffine Hoarau est agricultrice à la Plaine des Palmistes. Elle demande, elle aussi, à être entendue par la justice et porte beaucoup d'espoir en l'arrivée du nouveau procureur général. Sa "lettre d'alerte" rappelle ses critiques vis à vis de la justice, à savoir "un manquement de déontologie de l'avocat", "des connivences entre avocats, juges, premier président et bâtonnière..", "des conclusions erronées", "une dénaturation des faits", "des accusations mensongères dans les conclusions",…
Chacun espère désormais obtenir des réponses, apporter des explications et des preuves, être entendu et écouté,... pour être traités comme des justiciables normaux. Un souhait qu'ils formulent en leur nom, mais aussi pour leurs proches, victimes collatérales de ces situations difficiles.


