90 euros et des boîtes de sardines pour butin : un gramoune violemment agressé à son domicile

Ce mercredi 1er avril au tribunal de Champ Fleuri, deux jeunes hommes étaient jugés pour un vol aggravé. Ils se sont introduits chez un gramoune à Saint-André, le frappant avant de lui extorquer de l'argent.
La victime est âgée de 71 ans. Un Saint-Andréen pas bâti comme un colosse. Face à lui, deux jeunes hommes dans la force de l'âge. Côté courage, nul doute qu'ils n'arrivent pas à la cheville du gramoune.
Car face aux magistrats, les deux jeunes ne pipent pas mot. Durant toute l'audience, ils ne vont pas exprimer le moindre regret concernant les actes qui leur sont reprochés.
Un scénario à la Orange mécanique
En cette soirée de février, la victime est confortablement installée dans son salon de sa case en tôle à Saint-André. Sur les coups de 22 heures, deux hommes, la vingtaine, forcent sa porte d'entrée et se glissent dans le séjour. Commence alors pour le gramoune une soirée cauchemardesque.
L'un des deux individus se saisit d'un marteau trouvé dans le matériel de la victime, l'agresse avec et lui assène plusieurs coups. Même si le gramoune parvient à se protéger un minimum avec son bras, ça ne suffit pas à repousser les deux hommes. L'horreur monte d'un cran. La victime est menacée et forcée de conduire les individus jusqu'à un distributeur automatique.
Ainsi, le vieil homme amène les deux loubards jusqu'au premier gabier sur leur chemin. Tout ce qu'il peut retirer : 90 euros, appartenant à ses maigres économies. Sans hésitation, les ravisseurs glissent ce butin dans leur poche.
Toujours plus absurde, l'un des ravisseurs ordonne au gramoune de le redéposer chez lui. La victime est contrainte de s'exécuter. L'autre homme, lui, reviendra plus tard dans la nuit pour menacer à nouveau la victime et lui ordonner de le déposer à Saint-Benoît.
Interpellation grâce aux sardines
Le gramoune parvient plus tard à prévenir les policiers. Facile pour lui de remonter jusqu'à ses agresseurs : il connaissait, du coup, parfaitement l'adresse de l'un des individus. Sur place, les forces de l'ordre retrouvent sur lui un couteau, le téléphone de la victime, et… deux boîtes de sardines rouges.
Nul doute pour les policiers, c'est rare d'emmener en balade ses sardines. Les deux hommes vont tenter de se justifier : "c'est pour notre chien" et assurent qu'ils les ont achetées un peu plus tôt "à la boutique". Mais personne dans le prétoire ne semble convaincu.
Dans la salle d'audience, le gramoune est présent. Sans hésiter une seule seconde, il désigne et identifie formellement les deux mis en cause comme étant ses agresseurs. Un courage salué par tous au tribunal.
Des réquisitions très lourdes face à une lâcheté et une cruauté sans limites
Les sourires affichés sur le minois des deux jeunes hommes se fanent tout au long de l'audience. Face à leur silence, le tribunal s'impatiente. Personne dans la salle n'a envie de rire. Des mines graves et sidérées s'affichent clairement sur les visages des assesseurs à mesure que les éléments à charge sont dévoilés.
"90 euros, deux boîtes de sardines et un téléphone ? Les bras m'en tombent", s'exaspère la procureure. Elle parle d'une "cruauté" inouïe, et malgré le fait que les deux hommes nient les faits, les faits sont caractérisés et les auteurs clairement identifiés.
Pour l'homme déjà condamné pour vol aggravé, elle requiert une peine de 30 mois de prison dont la révocation à hauteur de 6 mois de son sursis. Pour le second, qui affiche déjà 5 condamnations à son casier judiciaire, elle demande 5 ans de prison dont un an sous sursis probatoire.
Quand démarrent les plaidoiries de la défense, l'une des avocates s'excuse à la place de son client. Les deux robes noires demandent à la justice d'abaisser le quantum demandé par le ministère public.
La justice les condamne à 5 ans de prison dont la révocation du sursis probatoire à hauteur de 6 mois pour le premier. L'autre écope d'une peine de 6 ans de prison. Jusqu'au bout, les deux hommes ne vont pas formuler d'excuses.


