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53.000 demandes de logements sociaux à La Réunion : les bailleurs alertent sur une chute brutale des financements en 2026

Ecrit par Zinfos974 – le mercredi 22 avril 2026 à 16H57

Les bailleurs sociaux réunionnais tirent la sonnette d’alarme. Selon eux, l’enveloppe de la Ligne budgétaire unique (LBU), principal outil de financement du logement social outre-mer, pourrait tomber à 27 millions d’euros en 2026, contre plus de 78 millions cette année. Une baisse jugée incompatible avec les besoins du territoire.

Le secteur du logement social monte au créneau. Réunis au sein de l’ARMOS-oi, les bailleurs sociaux de La Réunion dénoncent une réduction annoncée des crédits de la Ligne budgétaire unique (LBU), qui passerait à 27 millions d’euros en 2026. Soit près de trois fois moins qu’en 2024, où l’enveloppe atteignait 85,65 millions d’euros, et bien en dessous des 78,5 millions d’euros mobilisés en 2025.

Pour les professionnels du secteur, une telle baisse constituerait « une rupture sans précédent dans le financement du logement social à La Réunion », totalement déconnectée des réalités locales. Ils assurent pourtant disposer de projets prêts à démarrer et déjà déposés auprès de l’État.

Dans le détail, les bailleurs indiquent avoir présenté 55 opérations représentant 1.832 logements neufs, dont 1.196 logements locatifs sociaux et 636 logements locatifs très sociaux. À cela s’ajoutent 12 opérations de réhabilitation portant sur 1.162 logements existants. L’ensemble nécessiterait environ 70 millions d’euros de LBU, soit bien davantage que l’enveloppe envisagée.

Des familles privées de solutions

Cette alerte intervient alors que la pression sur le logement reste très forte. Au 31 mars 2026, plus de 53.000 demandeurs de logement social étaient recensés à La Réunion. Pour les bailleurs, une contraction durable des crédits provoquerait une chute des mises en chantier dès 2027, un allongement des délais d’attente, une réduction des rénovations programmées et une aggravation du mal-logement.

Derrière les chiffres, ce sont selon eux des familles privées de solutions, des parcours résidentiels bloqués et une précarité renforcée.

Le BTP également concerné

Les conséquences dépasseraient le seul champ social. L’ARMOS-oi rappelle qu’en 2024, les mises en chantier de logements sociaux ont représenté 54 % de la commande publique dans le BTP local. Moins de crédits signifierait donc des marchés reportés ou annulés, des entreprises fragilisées et des emplois menacés.

Face à cette perspective, les bailleurs appellent l’État à revoir sa copie. Ils demandent un ajustement des crédits aux besoins réels du territoire, l’abandon de cette baisse et une visibilité pluriannuelle sur les financements. « À La Réunion, le logement social est un investissement vital », plaident-ils.

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