31 décembre 2009: Le réveillon de tous les risques
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Un effet de société s’est installé dans le paysage de la Réunion : le réveillon "pied dans l’eau" sur les plages de Saint-Gilles.
D’année en année, les convives sont de plus en plus nombreux à s’y rendre. Ils sont métropolitains résidents ou touristes (il en existerait de plus en plus tout en restant un épiphénomène) et surtout créoles, jeunes seuls, en groupes organisés ou en famille.
Sauf à mettre en œuvre des moyens coercitifs lourds ou prier pour une météo pourrie, l’année prochaine les fêtards seront au moins aussi nombreux. Il faudrait en conséquence envisager une stratégie pour mieux organiser ce rassemblement temporaire de public sur un site au risque environnemental. Alors qu’en métropole, les pouvoirs publics sont capables de gérer des "rave party", ici serions-nous incapable de proposer au public des dispositions de prévention de risques (sociaux, environnementaux, accidentels...) et dans les cas insuffisants des dispositifs de prise en charge (force publique, police de l’environnement, secours à personne et lutte contre les incendies....) ?
La mairie de Saint-Paul n’a pas à rougir de ce qu’elle a fait pour cette première fois ; Certes, des gros progrès restent à faire : le dimensionnement de la communication, de la prise en charge des déchets (800 poubelles pour plus de 10.000 personnes), de la prise en charge de la sécurité incendie (3 membres d’une jeune société privée d'agents de sécurité dépourvue de matériels particuliers), de la prise en charge des secours à personne (aucune : pas de personnels agréés, pas de matériel spécifique comme cela se fait dans n’importe grand concert), de la gestion des parkings et des flux de circulation (secours publics ayant eu des difficultés de circulation et de localisation des victimes qui avaient sollicités leur intervention), la coordination des moyens de secours. Il ne suffit plus en 2010 d’installer une tente avec une étiquette "poste de secours" et trois bons hommes dessous et faire une photo) ou de se contenter de ramasser des tonnes de déchets au frais des contribuables saint-paulois.
Gérer, c’est prévoir.
Les risques sont maintenant identifiables. il faut désormais qu’en étroite concertation élus, représentants des usagers, responsables des espaces concernés, services publics de secours... se réunissent pour faire des propositions et les faire valider par les autorités compétentes.
Saint-Paul doit gérer depuis des dizaines d’années les grands rassemblements que sont le Grand Boucan (jusqu’à 10.000 personnes), les fêtes de Saint-Paul, des grands concerts... et chaque incident grave a pu être géré dans les meilleures conditions. Il faut avec tous ces retours d’expérience mettre en place un dispositif adapté afin que tous les réunionnais puissent profiter de ce moment magique qu’est un réveillon d’une nouvelle année. Sinon les polémiques stériles prendront la place de la construction d’une vraie stratégie au profit des hommes et de son environnement.
Agissons pour éviter la calomnie et les dérisions!


