2e circonscription : La droite en ordre “d’action, pas de combat” derrière Jean-Yves Morel

Reprendre la circonscription à Karine Lebon, c’est l’objectif affiché de cette campagne pour Jean-Yves Morel. Il tacle ceux qui sont à l’Assemblée pour “diviser”, soutiennent le “chaos” ou encore qui “affichent des drapeaux”. Pour le candidat à la députation, il faut cesser de soutenir ceux “qui profitent des institutions ou de la rue pour bloquer le pays”. Pas question de retenter l’expérience Nupes avec ce Nouveau Front Populaire, symbole du “cafouillage des mouvements et des partis politiques". "Mais pour être honnête, j'avoue que c'est aussi percevable dans la famille politique de la droite actuellement. Alors, je crois qu’il faut revenir à nos fondamentaux d’une république humaniste, solidaire, égalitaire, respectueuse des institutions, cette droite gaullienne qui a construit notre Vᵉ république”. Pour marquer cette volonté de rassemblement, il proclame même : “C’est une équipe en ordre d’action, pas de combat”. Interrogé sur son possible soutien au camp présidentiel dans l’hémicycle, Jean-Yves Morel botte en touche et préfère “tenir à son indépendance”.
À ses côtés, Clarisse Cuvelier, sa suppléante, se présente comme “mère de trois enfants, originaire de Fleurimont et citoyenne engagée”. La jeune femme souligne que cette campagne est son premier engagement en politique. “Je vois la population qui soufre autour de moi. Aujourd’hui les difficultés pour trouver un travail ou un logement impactent tout le monde. Mi lé fier d’être un fem La Réunion ki se ba pou son nassion”, rappelle Clarisse Cuvelier.

Des paquebots dans la baie de Saint-Paul
Si le candidat de la droite dans cette circonscription de l’Ouest affiche son opposition au PLR, il ne manque également pas d’idées pour son programme. D’abord, pas question de revenir sur le statut de La Réunion dans la France. Ensuite, si le candidat parle de “plan de relance”, ses propositions économiques peuvent tenir en un mot : “exonération”. D’abord via l’élargissement du dispositif de LODEOM, mais aussi par la création d’une zone franche “sociale, fiscale et douanière pour activités portuaires de stockage”. Sans oublier une baisse de la fiscalité “au bénéfice des entreprises dans une logique de réduction des coûts de construction” et de nouveaux dispositifs de défiscalisation pour le logement. Objectif de cette politique, soutenir la commande du BTP pour créer des emplois et du logement.
À noter que le programme de Jean-Yves Morel contient une proposition plus qu’originale pour soutenir le tourisme dans l’île, avec cette idée de créer un “quai d’honneur pour les paquebots dans la baie de Saint-Paul”. Alors qu’Emmanuel Séraphin souhaite créer un “Saint-Paul-les-bains”, nul doute que la majorité municipale apprécierait l’idée de voir des nageurs juste devant ces monstres des mers. “Nos ancêtres sont arrivés par là, il est donc logique de faire de cette baie naturelle un lieu de débarquement, plutôt que le Port”, se justifie le candidat.
Impliqué depuis de nombreuses années dans la vie sportive et associative, Jean-Yves Morel veut soutenir ce secteur "essentiel pour notre société. Il faut profiter de la loi Héritage des Jeux olympiques pour développer les infrastructures à mi-pente. Il faut aussi accélérer la construction de structures d'accueil de vacances avec hébergement pour les jeunes et le tourisme social. Le Village Corail, c'est bien mais ce n'est pas assez", insiste le candidat.
La droite réunionnaise vraiment rassemblée ?
Malgré les déclarations de “rassemblement et d’unité”, cette conférence de presse d’annonce de début de campagne laisse un goût étrange. Déjà, la grande place qu’a occupée Cyrille Melchior lors des échanges a fait d’autant plus ressentir l’absence de grands ténors de la droite républicaine péi depuis le début de la campagne. Si les maires de Saint-Leu, Etang-salé et Saint-Louis ont pris la parole il y a peu, seul le président du Département donne l’impression de vraiment mouiller le maillot. D’ailleurs, ce dernier n’hésite pas à appeler les électeurs “à aller au téat Saint-Gilles pour voir des comédiens et des spectacles, la politique est quelque chose de sérieux”.
“Jean-Yves Morel rassemble ma famille politique de la droite et du centre. Je m’engage aujourd’hui, car sa candidature dépasse les clivages du passé”, explique le président du Département. Des clivages du passé en effet bien palpable durant cette réunion, avec notamment la présence de Gilles Hubert, ancien candidat PLR aux municipales de 2014 à La Possession et ex-premier adjoint de Vanessa Miranville. “On veut vendre des programmes insoutenables. Penser que le chaos que l’on a vu dans le Pacifique ne peut pas arriver à La Réunion est une erreur”, explique le conseiller départemental.
Enfin, il est intéressant de noter que deux conseillers municipaux de l’opposition de droite à Saint-Paul, Sébastien Ibar et Lucie Paula, avaient fait le déplacement. Ce qui n’est pas le cas des quatre autres membres de l’opposition qui avaient lancé un appel à Cyrille Melchior pour qu’il se présente. Ce dernier avait poliment décliné, voulant “rester concentré sur tous les grands dossiers et enjeux liés à la population et à l’avenir de notre île, dans un contexte marqué par des crises”. Faut-il y voir un signe de défiance après ce refus ? En tout cas, c’est silence radio depuis, notamment de la part d’Audrey Fontaine, ancienne candidate en 2022 et signataire de cet appel.


