2500 salariés en danger

En guise de question adressée au Gouvernement lors de son intervention à l’assemblée nationale ce mardi 16 juin 2015, la députée de La Réunion Madame BELLO revenait sur la problématique du financement de la formation professionnelle dans notre île. Si sa question reflète une inquiétude réelle ressentie par la plupart des réunionnais concernés (mon organisation ainsi que d’autres sont montés aux créneaux), la réponse du gouvernement par le biais de Monsieur REBSAMEN appelle cependant quelques observations et interrogations.
Le ministre du Travail et du Dialogue Social évoque qu’"il revient à l’employeur avec l’appui des OPCA de présenter ou proposer l’offre de formation la plus adaptée possible" et rajoute par ailleurs qu’"une table ronde sur le financement de la formation sera proposée".
A moins que le ministre ait pris les Réunionnais pour des "analphabètes juridiques", proposer et présenter des offres de formation la plus adaptée entre employeurs et OPCA, c’est ce que l’ensemble des protagonistes concernés faisaient déjà avant l’effectivité de la réforme des dispositifs de financement de la formation professionnelle. Mais à présent, lorsqu’une offre de formation adaptée est présentée, il n’existe plus de financement pour les formations retenues.
Voulait-il laisser entendre par son intervention qu’il appartenait aux employeurs et aux OPCA de financer la formation des salariés sur leurs fonds propres ?
Cela voudrait dire que seules les structures dotées de capacité de financement pourraient envisager la formation de ses collaborateurs relevant du droit commun ou des dispositifs d’aide à l’emploi ? Dans ce cas, il faudra nous préciser quelles sont ces structures et combien à La Réunion ?
S’appuyer sur la participation solidaire des OPCA en matière de financement des 40.000 emplois aidés par exemple, alors que dans le même temps, le gouvernement les amputent d’outils de financement, et là on parle bien de la disparition de fonds nationaux mutualisés à savoir le fameux FSPP (Fond de sécurisation du Parcours Professionnel), alors comment ces OPCA pourront faire face à une demande grandissante de prise en charge ?
Aussi, à cela s’ajoute le fait que la contribution obligatoire des entreprises du fait de la réforme, est plafonnée à 1% contre jusqu’à 1.6% de la masse salariale auparavant. Cadeau aux gros patrons, Pour cela, merci Monsieur le ministre !
Si la formation tout au long de la vie reste une obligation nationale, son financement aujourd’hui reste un mystère total. Au vu de la situation, on, ne peut que souligner cette volonté de pousser la réflexion grâce à l’organisation prochaine d’une table ronde sur le financement des contrats aidés.
L’issue de cette table ronde doit déboucher sur une proposition et notamment celle de doter les OPCA de fonds nécessaires afin de répondre aux besoins de financement en matière de formation.
Puisque qu’en ligne de mire, il existe un risque de casse sociale sans précédent dans le monde de la formation à savoir qu’environ 2500 diplômés en poste (formatrices, formateurs, agent administratif et technique) se retrouveront au chômage et des dizaines, voire une centaine d’entreprise fermeront d’ici 2015/2016. Cela est-il raisonnable dans un département détenant un taux record en matière de chômage ? Et dire qu’il fallait réformer! Voilà encore un problème causé par une classe politique issu du système.


