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10 jours après son frère, il est condamné pour les mêmes faits

Un Tamponnais a été envoyé en prison pour avoir conduit sans permis, sans assurance et en ayant provoqué un accident. Il venait de sortir de prison le mois dernier. Son frère a été condamné il y a 10 jours pour les mêmes faits.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le vendredi 25 mars 2022 à 18H35

La vie de Lucas* et Jimmy* aurait largement pu inspirer Victor Hugo. Comme l’expliquait à l’audience l’éducatrice qui les suit depuis leur plus jeune âge, ils ont été abandonnés par leur mère à l’âge de 14 ans après une vie de maltraitance. Ils ont même été témoins d’une scène de violences qui a valu à un membre de leur famille une lourde condamnation. Depuis, la vie des deux frères est faite d’errance et de prison.

Il y a dix jours, Jimmy était condamné pour avoir conduit sans permis et sans assurance avant de provoquer un accident. Son contrat de travail lui avait permis d’éviter la prison.

Il boit un Cot au volant, croise des gendarmes et provoque un accident

Lucas, 19 ans et déjà 11 mentions à son casier judiciaire, n’avait pas cette carte joker puisqu’il est sorti de 8 mois de détention le 12 février dernier.

Bien que bénéficiant d’un logement à Saint-Denis, il était chez son frère au Tampon ces derniers jours. Mercredi matin, il venait de passer la nuit chez un ami à la Ligne des Bambous. Une patrouille de police, dans un véhicule banalisé, était dans le secteur car avertie d’un éventuel trafic de zamal. En voyant Lucas et un ami prendre la voiture, ils vont mettre leur gyrophare afin de les faire arrêter.

Ne voulant pas être pris alors qu’il conduit sans permis, Lucas va tenter de fuir. Il va prendre une route en sens inverse. Sur la Ligne des 400, il percute l’arrière d’un véhicule. Il parvient à semer les forces de l’ordre mais ces derniers sont vite avertis du lieu où se trouve la voiture.

Il envoie son ami en garde à vue

Sur place, deux jeunes hommes sont présents. Les policiers relèvent les identités et demandent s’ils connaissent le propriétaire du véhicule. Lucas répond par l’affirmative et donne le nom d’un ami. Il va même l’appeler devant les policiers pour lui dire qu’ils le recherchent.

Ce dernier va se rendre le lendemain à la gendarmerie du Tampon dès 6h. Il est placé en garde à vue. C’est là qu’il indique aux gendarmes qu’il a vendu la voiture à Jimmy un mois plus tôt. De plus, il était sur son lieu de travail au moment des faits. Lucas va donc être interpellé.

Présenté en comparution immédiate, il va donner la même explication que son frère un mois plus tôt : avoir acheté une voiture pour passer son permis. Son attitude agacée à l’audience a été mise en avant par Me Bruno Raffi qui défend l’automobiliste percuté. Celui-ci souhaite un dédommagement qui sera déterminé lors d’une audience sur intérêts civils.

Pour le ministère public, l’attitude du prévenu durant toute l’enquête est à relever, notamment pour avoir envoyé son ami en garde à vue. "C’est un délinquant +++ qui doit être jugé en tant que majeur" souligne la parquetière qui requiert une peine de 16 mois de prison, dont 8 avec sursis.

"Des défenses plus dures que d’autres"

Pour Me Nathalie Pothin, qui défend Jimmy depuis 4 ans, "il y a des défenses plus dures que d’autres, mais des défenses que l’on ne veut pas abandonner. Ce serait s’inscrire dans un cercle d’abandon qu’il connaît que trop bien. Le problème de Jimmy, c’est d’arriver à se contenir, se contenir dans cette société. Il n’a pas eu ce maintien et cet accompagnement durant son enfance. Au final, les 2 seules personnes qui ne l’abandonnent pas sont son avocate et son accompagnatrice".

La robe noire va poursuivre en expliquant que son client a besoin de soins médicaux, mais l’obtention de rendez-vous au centre médico-psychologique (CMP) est trop longue et souvent annulée en raison de ses incarcérations. Elle indique que lors de sa sortie de détention, il n’avait aucun médicament ni ordonnance. C’est pourquoi elle souhaite une peine aménagée en évitant la détention "afin de ne pas repartir de zéro".

Le tribunal ne va pas entendre ses arguments en condamnant son client à une peine de 10 mois de prison ferme. Son véhicule est confisqué et il devra dédommager le conducteur lorsque la somme sera définie après l’audience sur intérêts civils.

*Prénoms d'emprunts

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