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Yoan Mongin : "Contrairement à M. Langenier, je ne suis pas une marionnette"

Les manifestations pour l'emploi ont touché Saint-Louis avant de débarquer au Port. Vendredi dernier, un premier blocage de rond-point dans la ville portuaire sonnait comme un rappel des événements de 2012. Principal interlocuteur avec les forces de l'ordre et les élus, Yoan Mongin explique les raisons de sa démarche, en soutien à cette jeunesse portoise. C'est sans détour qu'il offre un droit de réponse musclé au maire du Port Jean-Yves Langenier. Ce dernier accusant, dans une interview accordée au Jir, le porte-parole et son père, Joël Mongin, de manipuler les jeunes. Il répond.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 22 février 2013 à 14H54

Zinfos974: Quelle a été votre motivation pour devenir porte-parole des manifestants ?
Yoan Mongin : Ce n'était pas une question d'être en première ligne ou pas. Ce qui m'a motivé c'est que j'entends le cri de détresse de la jeunesse et y'a aucun interlocuteur en face. Ils ne veulent rien entendre. Ils ne veulent rien savoir. Les jeunes, ils ont une manière de s'exprimer. Il faut être jeune pour les comprendre. Moi, je suis juste là pour recueillir ce qu'ils ont à dire et le retransmettre pour ces messieurs en cols blancs. C'est tout.

Avez-vous été poussé par votre père, comme a pu le sous-entendre le maire du Port ?
Contrairement à M. Langenier, je ne suis pas une marionnette. Je suis jeune mais je ne suis pas une marionnette. Lui étant une marionnette, s'il croit que tout le monde est comme lui, c'est son problème. Maintenant, dire des accusations comme cela à tort et à travers ce n'est pas bien. Faire croire au peuple qu'il n'a rien à voir, que c'est la faute des Mongin, que c'est la faute de ceci, la faute de cela, je ne suis pas d'accord. Il n'a qu'à prendre, en tant que maire, ses responsabilités. Ce que M. le maire ne fait pas.

A quel moment avez-vous décidé d'encadrer ces jeunes en devenant leur porte-parole ?
Je ne me suis pas dit qu'il fallait encadrer qui que ce soit. Je ne me suis pas imposé. Ce sont mes collègues qui sont venus me voir pour me dire : "Yoan, tu peux parler pour nous ?" Je leur ai répondu oui, tout simplement. Mais maintenant, y'a des gens, même de notre côté, qui ne supportent pas ça, c'est leur problème. Mais qu'est-ce que je peux vous dire. Les jeunes viennent me demander de leur rendre service. Je ne vais pas le leur refuser. C'est pas possible. Etant jeune moi-même, ayant subi ça moi-même, je ne pouvais pas refuser.

Jean-Yves Langenier affirme que vous n'habitez même pas le quartier de la Rivière des Galets ?
Je n'habite pas le Port ? Je vais répondre vite et simplement à M. Langenier : la Rivière des Galets ça fait partie de quoi s'il-vous-plaît ? Saint-Denis, Saint-Louis ? Faut arrêter. C'est quoi votre adage ? Diviser pour mieux régner. Il faut arrêter. Le Port c'est la Rivière des Galets. La Rivière des Galets c'est le Port. La Zac 1 c'est le Port, la Zac 2 c'est le Port. Titan, Evarist, c'est le Port. Et de toutes les manières, si éventuellement je n'habitais pas le Port et alors ? Je suis un Réunionnais comme tous les autres. M. Langenier : je suis un Portois. Et il le sait très bien.

Avez-vous parlé avec votre père ces derniers jours ? Est-il étonné par votre démarche ?
On n'est pas des étrangers. Je vais vous dire : j'ai un certain âge. Je ne suis pas là à attendre mon père pour prendre des décisions, ni à attendre son avis. Chacun fait sa vie, chacun croit en ses espérances et chacun fait ce qu'il croit le meilleur pour autrui.

Avez-vous eu des nouvelles de la mairie depuis mardi ?
Depuis mardi soir, c'est silence radio. On entend des on dit, des ladi lafé, mais on n'a vu aucun représentant de la mairie depuis mardi soir. Je voudrais dire à M. le maire et à son conseiller de la Rivière des Galets, M. Naren Mayandi, qu'ils n'ont pas tenu leur parole quand ce dernier est venu sur la manifestation mardi à 9h30. En sa présence, on avait proposé la tenue d'une table ronde qu'il nous avait promis d'organiser. Il nous avait demandé de désigner une délégation, qu'on allait venir nous chercher pour qu'on aille voir le préfet avec les maires, les acteurs sociaux, les bailleurs, le patronat, pour qu'on puisse parler... vous êtes venus le promettre à 9h30 et vous n'êtes plus revenus de la journée ! Vous laissez les gens espérer. C'est vous qui créez une situation de conflit M. Naren Mayandi. C'est M. Mongin qui vous le dit publiquement : c'est vous qui laissez cette situation s'empirer et s'envenimer à ce point. Comme le conflit devenait critique avec la présence d'un camion de bouteilles de gaz, j'ai dû, avec un ami, aller à la mairie pour décoincer cette situation et comme par hasard, dans la situation dans laquelle était la ville, il n'y avait aucun représentant de la mairie de disponible... On a dû taper du poing sur la table pour obtenir la venue d'un représentant. Vous trouvez ça normal ? Je ne trouve pas ça normal.

Un autre point sur lequel je souhaitais revenir : A ces messieurs de la mairie. Comment ça se fait qu'on laisse pourrir une situation conflictuelle comme celle-là ? Vous voyez qu'il y a un malaise. Faites quelque chose. Utilisez les moyens qui sont mis à votre disposition. C'est pas sur la fin qu'il faut dire que c'est pas de votre faute, que vous ne pouvez rien faire. L'année dernière, il y a eu des émeutes. On a fait des petites réunions, des petites conférences de presse. Chacun a pris la vedette quelque part et puis hop, après quelques mois finis, c'est oublié, on n'en parle plus. Mais le problème il est encore là. L'année prochaine ça sera pareil. Vous ne voulez pas de violence ? Vous créez ce climat de violence. Envoyer des jeunes pour contrer d'autres jeunes ça ne fait pas avancer les choses. Je le répète : diviser pour mieux régner semble être votre adage. Mais je le rappellerai encore à M. le maire : je condamne ces violences, je les condamne fermement.

Là, ils vont faire venir je ne sais combien de gendarmes, policiers de France, ce qui va coûter des dizaines de milliers d'euros. Cette somme, on aurait pas pu la reverser pour les jeunes de la Réunion au lieu de la gaspiller comme ça...? On est quoi ? On est des chiens ? Il faut nous dresser? Il faut mater la rébellion ? Il faut arrêter avec ça.

Je souhaite ajouter quelque chose. 30 à 35 jeunes souhaitaient se rendre hier en mairie. Comme par hasard, la ligne principale de Kar'Ouest qui dessert le centre-ville du Port a été coupée hier de 14h30 à 17h. Il y a sans doute eu des fuites. On a l'impression d'avoir été saboté pour qu'on ne se rende pas en mairie. Je retiens que M. Langenier est président du TCO, qui gère ce type de transports...

 

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