Revenir à la rubrique : Faits divers

Violences conjugales : Il lui jette un verre au visage qui se fracasse sur sa tête

Une fois de trop, l'audience de comparution immédiate avait à juger un dossier de violences conjugales en présence d'un enfant mineur. Cette fois encore, la victime a refusé de déposer plainte et de venir témoigner à l'audience.

Ecrit par – le jeudi 08 avril 2021 à 11H06

Dimitri O., 28 ans, apparait tout penaud devant la présidente d’audience, les bras le long du corps. Il est frêle et paraît avoir à peine 18 ans, mais à l’énoncé des faits, les apparences se révèlent rapidement trompeuses. Ce mercredi, il doit répondre de violences, sur sa compagne et mère de ses enfants, à deux reprises. Le 8 août 2020, à Saint-Paul, il s’en prend à elle alors qu’elle tient dans les bras leur bébé. Il faudra qu’une voisine appelle les gendarmes suite à de nombreux cris et bruits de coups pour qu’il s’arrête. Lorsque les militaires arrivent, elle est prostrée sur le canapé, enceinte, son bébé dans les bras.

La raison de son courroux, elle veut qu’ils achètent un robot-cuiseur pour faire du riz car l’enfant ne veut plus manger de petits pots. Il monte alors en pression tout seul et finit par prendre la ceinture de son jean qui est au sale se met à la tabasser avec !  Il estime que ce n’est pas à l’enfant de choisir ce qu’il doit manger mais à lui, en tant qu’adulte de décider de ce qui est bon pour lui. Elle se voit remettre une ITT de 4 jours et refuse de déposer plainte contre lui. « Elle m’énerve car elle n’écoute pas toujours les directives que je lui dit pour notre couple » indiquera t-il lors de son audition. Il était convoqué au tribunal au mois de mai prochain pour ces faits. 

Il arrive bien plus tard, fortement alcoolisé et très énervé

Le jeune homme, particulièrement violent, est en plus « addict » au zamal, à l’alcool et au PMU. Le 2 avril dernier, il remet ça ! Alors qu’ils devaient aller manger chez ses parents, il décide de partir boire un verre avec ses dalons. Elle part avec les deux enfants et son beau-père, il les rejoindra pour manger. Il arrive bien plus tard, fortement alcoolisé et très énervé.

À peine arrivé, il somme son père de les ramener chez eux. Le père s’exécute mais le prévient : « Ne t’en prend pas à elle !« . Inquiet, il revient avec sa femme pour voir le couple. Ils découvrent une scène de violence inouïe. Il l’a battue au sol avec des coups de pieds au ventre et à la tête, il lui a jeté un verre au visage qui s’est fracassé sur sa tête. Il y a du sang partout et, pour couronner le tout, il veut se bagarrer avec son père à son arrivée. C’est sa mère qui appelle les gendarmes ! La compagne de l’agresseur reçoit 10 jours d’ITT. 

Elle ne veut toujours pas porter plainte… Il est interpellé et placé en garde à vue avant d’être déféré puis placé en détention provisoire. « Est-ce que vous pensez que c’est le psy qui va venir à vous ? » s’agace la procureure alors qu’il demande de l’aide au tribunal. « Je suis particulièrement inquiète car il n’y a pas d’explication rationnelle à son comportement. C’est un sujet particulièrement sensible, ici plus qu’ailleurs. Les victimes sont souvent dans le pardon et refusent de porter plainte ! Preuve en est, elle n’est pas là aujourd’hui. Il lui lance un verre, lui porte des coups de ceinture et toujours aucune explication. En plus, il ne se souvient de rien, sauf d’avoir reçu une gifle ! »  déplore le Parquet qui requiert une peine de 18 mois de prison dont 9 mois de sursis probatoire ainsi que son maintien en détention. 

« Il est extrêmement stressé et ne peut exprimer tout ce qu’il a à dire« 

« Il est extrêmement stressé et ne peut exprimer tout ce qu’il a à dire« , explique la défense. « C’est un vrai début de travail qu’il a effectué depuis 4 jours en prison. Il a reproduit ce qu’il a vécu – il a grandi dans un environnement particulièrement violent – mais tout n’est pas perdu pour lui, il est important qu’il se fasse aider même si ça ne sera pas facile, et il le sait. Je trouve la peine extrêmement sévère », plaide la défense. Le tribunal indique au prévenu qu’il est particulièrement inquiet de son comportement. Il est condamné à 2 ans de prison dont 1 avec sursis probatoire, des obligations de soins, de travail, d’effectuer un stage de lutte contre les violences familiales et une interdiction d’entrer en contact avec la victime. Il est maintenu en détention. 

 

Thèmes :
Partagez cet article:
S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

St-Denis : Les parents dépassés frappent leur garçon avec le tuyau d’arrosage

Le père et la mère minimisent les coups portés régulièrement à leur marmaille de 12 ans avec une ceinture. Mais les constatations médicales sont sans appel. Un jour de février 2020, ils se sont, chacun à leur tour, particulièrement acharnés à cause d’un « trop-plein ». Si la famille semble désormais réunie, les prévenus ont tout de même été condamnés ce vendredi. Le père est derrière les verrous pour d’autres faits de violences.

Trafic de drogues de synthèse : Le psychonaute sévèrement condamné

Des substances psychédéliques par kilo importées par colis postal de Chine où elles sont fabriquées par des laboratoires ont inondé La Réunion. Ces cristaux qui imitent la cocaïne ou les amphétamines ne seraient pas de la drogue, selon un trentenaire rejugé à sa demande par la cour d’appel en novembre 2023. Celui-ci s’est réclamé de sa consommation personnelle et n’a pas manqué d’imagination pour justifier son train de vie. Mais il n’a pas convaincu la cour dont la décision tombe comme un couperet.