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Violences conjugales : « Faut-il attendre qu’il tue quelqu’un pour dire ‘ah, si on avait su’? »

Un jeune homme de 23 ans comparaissait ce mercredi au tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de violences sur conjoint. La victime, présente à l'audience, est apparue hésitante à la barre, signe d'une emprise certaine de son bourreau.

Ecrit par 1167938 – le jeudi 24 mars 2022 à 10H53

Djakim C., 23 ans, avait à répondre de violences sur sa compagne. Malgré son jeune âge, il était déjà présent devant ce même tribunal au mois de janvier dernier et s’en était sorti avec 6 mois de prison avec sursis probatoire. Cette fois, c’est sa nouvelle compagne qu’il connait depuis le mois de décembre qu’il est soupçonné d’avoir frappée à maintes reprises. Ils sont en couple depuis le début et se sont installés chez la mère du prévenu. La jeune fille se plaint de plusieurs épisodes de violences. Du dernier en date, le 19 mars dernier, elle porte les stigmates : un hématome de 28 cm de long sur 17 cm de large. La présidente ne se gêne d’ailleurs pas de le montrer au prévenu qui nie les faits à la barre. Lui, reconnait une dispute et coup de pied. 

Elle est isolée,  il lui interdit de sortir de la maison

Parlons-en du coup de pied ! La victime affirme qu’elle était enceinte et que le coup lui a provoqué une fausse-couche. Lors de ses auditions, la victime indique également qu’il l’empêche de voir sa mère et sa meilleure amie. Elle est isolée, il lui interdit de sortir de la maison. Elle est même allée au commissariat pour retirer sa plainte car « elle s’en veut qu’il retourne en prison » et qu’il l’a « menacée de s’en prendre à elle quand il sortira. C’est sur le coup de la colère qu’il a fait ça », dira-t-elle à l’enquêteur.

À la barre, elle est dans la retenue : « Il y a des choses qui sont déformées. Je suis majeure et le policier a téléphoné à ma mère et à ma copine mais c’est confidentiel ces choses-là ! C’est elles qui ont dit ça« . La présidente lui demande alors si elle a peur de lui : « Non », répond-elle alors qu’elle venait de minimiser les faits subis depuis trois mois. 

« Faut-il attendre qu’il tue quelqu’un pour dire ‘ah, si on avait su’? »

“Ma cliente a déclaré qu’il l’a étranglée en la regardant dans les yeux, qu’il y prenait du plaisir. Elle a également dit qu’il l’a frappait comme si elle était un homme. Ses déclarations confortent ce qu’elle a subi alors que lui reconnait a minima« , déclare la partie civile. La procureure explique qu’elle « assiste aujourd’hui à un mensonge« . Et d’ajouter : « Son comportement à la barre est très clair, il a un discours de victimisation et de minimisation. Pour moi, il est dangereux. Faut-il attendre qu’il tue quelqu’un pour dire ‘ah, si on avait su’?  Il n’y a pas de remise en cause« , tance le parquet qui requiert une peine de 12 mois de prison, le maintien en détention et la révocation totale des sursis de 6 et 8 mois qui sont au-dessus de sa tête.

« ll est sous le coup d’un sursis, il sait qu’il va partir à Domenjod »

Pas aidé par le comportement provocateur de son client, Me Nicolas Normand explique au tribunal : « Plus de 2 ans de prison demandés pour ce monsieur ! On appelle ça des conjoints mais cela fait trois mois qu’ils sont ensemble chez sa mère à lui. C’est une amourette et vu leur caractère à tous les deux, c’était une mauvaise idée. Il reconnait un coup de pied et une gifle. Il est sous le coup d’un sursis, il sait qu’il va partir à Domenjod. La vraie question est : que va t-on faire des deux sursis ? Ce serait peut-être une bonne chose de ne pas révoquer intégralement les deux, qu’il puisse y avoir une période de probation au-dessus de sa tête et des soins. Aujourd’hui, il rentre dans le monde adulte mais presque trois ans de prison, c’est peut-être trop« , plaide la robe noire qui a été entendue par le tribunal.

Son client est condamné à 12 mois de prison, la révocation de 6 mois de sursis et la révocation partielle de 4 mois de sursis sur 8. Il est maintenu en détention. 

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