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Violences conjugales : alcoolisé, il frappe sa compagne et met le feu à son appartement

Ecrit par Thomas Laurent – le samedi 25 juillet 2026 à 09H22

Déjà condamné à plusieurs reprises pour des violences conjugales, un homme de 37 ans comparaissait devant le tribunal pour avoir frappé sa compagne sous l'emprise de l'alcool et provoqué un incendie dans son appartement en voulant brûler les affaires de cette dernière. Il a été condamné à deux ans d'emprisonnement, dont six mois assortis d'un sursis probatoire.

L'après-midi est déjà bien entamée lorsque Didier* se présente à la barre. Le prévenu est poursuivi pour avoir frappé à plusieurs reprises sa compagne alors qu'il était alcoolisé, mais aussi pour avoir déclenché un incendie dans son appartement en tentant de brûler les vêtements de la jeune femme.

À la barre, il reconnaît les faits sans détour et admet souffrir d'une addiction à l'alcool.

« Je suis violent quand je bois. »

Son casier judiciaire confirme ses difficultés récurrentes. Son permis de conduire lui a été retiré en 2014 pour conduite en état d'ivresse. Deux ans plus tard, il est condamné à des travaux d'intérêt général après avoir repris le volant malgré cette interdiction. Les violences conjugales jalonnent également son parcours judiciaire : des condamnations ont déjà été prononcées en 2012, 2019 et 2022.

« Quand je commence à boire, je ne m'arrête plus », reconnaît-il. Il explique avoir tenté de suivre un traitement, sans succès : « Je n'aime pas le médicament, il me met dans les vapes. »

Une jeune femme de 17 ans « sous son emprise »

En couple depuis huit mois, Didier entretient une relation avec Lila*, 17 ans. La jeune fille est décrite à l'audience comme émotionnellement dépendante et « sous son emprise ».

Selon le prévenu, leur relation s'est nouée progressivement. Il raconte avoir hébergé l'ancien compagnon de la jeune fille avant de le mettre à la porte après que celle-ci lui a confié se sentir en danger. Lila s'est ensuite installée chez lui.

Didier affirme qu'elle connaissait son comportement lorsqu'il buvait. Il lui aurait même demandé de le filmer afin de lui montrer « à quel point il pouvait être violent en ayant bu ».

Il justifie également l'une des gifles reprochées par un mouvement de panique. Après avoir aperçu la jeune fille avec un rasoir, alors qu'elle se scarifiait, il explique l'avoir frappée au visage alors qu'il présentait près de trois grammes d'alcool dans le sang.

Le prévenu évoque aussi une situation financière difficile, qui l'aurait fait replonger dans l'alcool.

« Dès que j'ai un problème, je me mets à boire », confie-t-il.

Il reconnaît également avoir déjà jeté les affaires de sa compagne depuis le balcon de son appartement. Concernant l'incendie, il assure ne garder que peu de souvenirs.

« Je n'ai que des flashs, j'étais énervé. »

Père de deux enfants, Didier indique suivre une formation de plaquiste durant sa détention dans l'espoir de retrouver un emploi à sa sortie.

Une peine de deux ans d'emprisonnement

L'avocate de la partie civile dénonce l'emprise exercée par le prévenu sur sa cliente.

« Elle dit ne pas pouvoir vivre sans lui », souligne-t-elle, décrivant une adolescente déscolarisée et « dans une situation très compliquée ». La victime réclame 1 000 euros au titre de son préjudice moral.

Estimant que Didier représente un danger lorsqu'il est alcoolisé, la procureure requiert une peine de deux ans d'emprisonnement, dont six mois assortis d'un sursis probatoire, avec obligation de soins, de travail, d'indemniser la victime et une interdiction de porter une arme.

L'avocate de la défense plaide de son côté que son client ne présente de danger que sous l'emprise de l'alcool.

« Lorsqu'il n'est pas alcoolisé, c'est un homme charmant », affirme-t-elle, rappelant que « sa dépendance à l'alcool n'excuse rien », tout en sollicitant une peine centrée sur les soins.

Après en avoir délibéré, le tribunal condamne Didier à deux ans d'emprisonnement, dont six mois avec sursis probatoire. Il devra suivre des soins, travailler, indemniser la victime à hauteur de 1 000 euros, n'aura plus le droit d'entrer en contact avec elle et se voit également interdire le port d'arme pendant cinq ans.

*Les prénoms ont été modifiés.

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