Baleines : pourquoi la saison 2026 tarde à décoller à La Réunion?

Les baleines à bosse se font encore discrètes dans les eaux réunionnaises. Si le début de saison apparaît moins dynamique que certaines années, Globice appelle à la prudence et rappelle que la fréquentation du site de reproduction varie naturellement d'une année à l'autre.
"Vous nous posez tous les jours la question : les baleines vont-elles enfin arriver ?" Face aux nombreuses interrogations du public, l'association Globice dresse un premier bilan de la saison 2026. Et, pour l'instant, les observations restent limitées.
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"À fin juillet ou presque, on ne va pas se mentir : la saison 2026 ne s'annonce pas comme un très grand cru. Historiquement parlant, on est même assez proche du scénario 2021 avec… 13 baleines photo-identifiées en tout et pour tout", indique l'association sur ses réseaux.
Pour autant, Globice refuse de tirer des conclusions hâtives. Les scientifiques rappellent que la présence des baleines à bosse dans les eaux réunionnaises varie naturellement d'une année à l'autre. "Il est vraiment trop tôt pour tirer des conclusions de ce début de saison. Le dérèglement global étant (malheureusement) de mise, il se pourrait que nous ayons encore des surprises."
L'association souligne que des baleines continuent d'être observées régulièrement, notamment grâce aux signalements effectués sur l'application Balèn Tèrla.
El Niño en cause?
Globice rappelle que ces variations sont un phénomène bien connu. Elles dépendent notamment du succès reproducteur de la population de baleines à bosse.
Les années où davantage de femelles sont gestantes, les eaux réunionnaises accueillent généralement un plus grand nombre de mères accompagnées de leur baleineau. Il faut également ajouter, "les conditions rencontrées sur les zones d'alimentation antarctiques au cours des années précédentes (qui) jouent également un rôle important, car elles influencent les réserves énergétiques des femelles et donc leur capacité à se reproduire".
L'association cite aussi plusieurs facteurs environnementaux susceptibles d'influencer la fréquentation du site de reproduction réunionnais, parmi lesquels la température de l'eau, les conditions océaniques, les déplacements des individus entre les différents sites de reproduction du sud-ouest de l'océan Indien ou encore le phénomène El Niño, susceptible cette année de modifier les migrations.
Ainsi, "une année de faible fréquentation ne traduit pas nécessairement une diminution de la population, mais le plus souvent une redistribution temporaire des individus ou une baisse du nombre de femelles reproductrices", explique Globice.
Les prochaines semaines permettront d'affiner cette tendance. En attendant, l'association de protection des cétacés invite les Réunionnais à rester attentifs.


