Violences à l’école : La Réunion dans le haut du panier au niveau national

Alors que les violences en milieu scolaire restent au cœur des préoccupations, l’accès aux données officielles demeure particulièrement compliqué. Dans une enquête publiée ce mardi, le média 20 Minutes révèle avoir dû saisir la Commission d’accès aux documents administratifs pour obtenir les chiffres des signalements de violences dans les établissements scolaires. Des chiffres qui intègrent les données des départements d'outre-mer et donc de La Réunion.
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Les chiffres des violences en milieu scolaire obtenus par le site 20 Minutes mettent en lumière d’importantes disparités territoriales. Certains départements enregistrent des volumes de signalements particulièrement élevés, avec plusieurs milliers de faits recensés chaque année. Les données du ministère de l'Education nationale compilent notamment les violences physiques, les menaces, le harcèlement, les atteintes verbales ou encore les faits à caractère sexuel.
Parmi les départements les plus touchés figurent notamment le Nord, les Bouches-du-Rhône et la Seine-Saint-Denis, qui apparaissent en tête du classement. Ces territoires concentrent à eux seuls un volume très important de signalements.
Derrière ce trio, le Rhône, le Val-de-Marne ou encore les Hauts-de-Seine affichent également des niveaux élevés de violences déclarées dans les établissements scolaires.
Sur la cartographie présentée par 20 Minutes, le département de La Réunion figure parmi les départements français où les informations préoccupantes (appelées IP dans le jargon administratif) et signalements pour l'année 2023-2024 sont parmi les plus importantes avec + de 2 IP pour 1000 habitants. Les autres départements d'outre-mer figurent dans la même tranche à l'exception de la Guadeloupe qui semble légèrement moins concernée par le phénomène de violences à l'école (entre 1,5 et 2 signalements/1000 hab.)
À l’inverse, certains départements ruraux ou moins peuplés présentent des volumes de signalements nettement inférieurs. Toutefois, plusieurs syndicats enseignants interrogés par 20 Minutes rappellent que ces écarts doivent être analysés avec prudence, tous les incidents n’étant pas systématiquement remontés dans les outils officiels.
Une probable sous-déclaration des faits
Selon le journal, les statistiques proviennent du logiciel “Faits établissement”, utilisé par l’Éducation nationale pour centraliser les incidents signalés par les chefs d’établissement. Seuls les faits jugés suffisamment graves ou préoccupants y sont enregistrés.
L’enquête souligne également les limites de cet outil. Certains personnels évoquent une sous-déclaration des violences, liée notamment à la charge administrative, à la peur de stigmatiser un établissement ou encore à des différences d’appréciation selon les directions.
20 Minutes rappelle enfin que le ministère communique rarement de manière détaillée sur ces données territoriales, préférant des statistiques nationales plus globales. Une opacité régulièrement dénoncée par des associations et des représentants de la communauté éducative, qui réclament davantage de transparence afin de mieux comprendre les phénomènes de violence scolaire et adapter les moyens sur le terrain.
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Le journal explique ainsi avoir sollicité à plusieurs reprises le ministère de l’Éducation nationale afin d’obtenir des données détaillées département par département concernant les faits de violence signalés dans les écoles, collèges et lycées. Une demande restée sans réponse pendant plusieurs mois. Face à ce silence administratif, 20 Minutes a finalement saisi la Cada, autorité chargée de garantir l’accès aux documents publics.
Ce n’est qu’après un avis favorable de cette commission que les données ont finalement été transmises par le ministère.


