Vidéo - Le psychothérapeute condamné à 13 ans de prison pour le viol d'une patiente

L'homme a été formé comme thérapeute en métropole puis de façon autodidacte à la psychologie. Le praticien était quasiment devenu un gourou à La Réunion. Plusieurs anciens clients ont témoigné lors de la première journée d'audience.
Thérapie via des jeux sexuels
Ce jeudi matin, la victime était appelée à nouveau à la barre pour répondre aux questions des cinq magistrats professionnels. Elle explique à nouveau que sa thérapie était constituée de jeux sexuels avec le psychothérapeute puis d’attouchements et enfin de viols. Les séances étaient des rituels, des passages obligatoires pour que la thérapie réussisse. "Il fallait aller au bout pour atteindre le résultat et reconnecter le corps avec l’esprit d’où tous ces 'exercices'", raconte-t-elle.
Viennent ensuite les questions des avocats et notamment celles de la défense qui cherche à savoir combien de fois la plaignante s’est rendue à ces rendez-vous. "Vous y êtes allée environ 25 fois de votre plein gré. Pourquoi, alors que vous savez ce qu’il va se passer, vous y retournez ?", avance Me Jean-Jacques Morel. Les autres questions de la robe noire tendent à montrer l’implication de la patiente dans le "traitement".
Alors que la victime a indiqué avoir été droguée avec du Zolpidem en amont de certaines séances, le conseil indique que la partie civile en consommait régulièrement.
Après quelques lectures de témoignages de patientes ayant vécu les mêmes difficultés en bénéficiant des méthodes du pseudo thérapeute, l’audience s'intéresse à la personnalité de l’accusé qui n’a pas encore été interrogé.
Le thérapeute à la barre
On en retiendra que le septuagénaire originaire du Sud-Ouest de l’Hexagone a étudié à l’Université de La Réunion en neuropsychologie, pathologie des émotions. Pendant son service militaire, il a enseigné en tant que psychologue malgré l’insuffisance de ses connaissances relevée par ses supérieurs. Par ailleurs, il a été formateur en entreprise et psychothérapeute de façon gratuite en métropole d’abord, puis à La Réunion dès 1982. Plusieurs ouvrages ont été écrits par l’intéressé sur l’écoute active. Il est à la retraite depuis 2012.
Lorsque c'est enfin à son tour de s’avancer à la barre, il indique avoir pratiqué gratuitement, "par amour de son prochain" et parce que selon son expérience, la gratuité hâtait la guérison. Jusqu’à la fin de l’instruction en 2018, Jean-Francis Blondel a nié toute relation. Aujourd’hui à la barre, il reconnaît des relations sexuelles avec 210 patientes, métropole et Réunion confondues, expliquant qu'il ne voulait pas que sa femme le sache.
Il y aura un autre procès
Faisant suite à la plaidoirie de la partie civile, l'avocate générale avait pris la parole en fin d'après-midi pour ses réquisitions. Elle a démontré qu'il y avait une contrainte morale et avait pour cela requis 8 ans de prison.
A 20H30, après en avoir délibéré pendant 1 heure, la cour criminelle a condamné Jean Francis Blondel à 13 ans de prison, soit, fait assez rare, 5 ans de plus que les réquisitions. Il dormira en cellule dès ce soir. Au vu du verdict qu'il juge trop lourd, son avocat annonce immédiatement que son client fera appel.
Les réactions de son avocat Me Jean-Jacques Morel qui annonce faire immédiatement appel et celle de la partie civile avec Me Fanny Olivier :


