Vers une grève illimitée des transporteurs, semaine noire sur les routes réunionnaises dès lundi ?

Reçue à la Chambre des métiers, l’intersyndicale des professionnels de la route a jugé insuffisantes les propositions de l’État et de la Région face à la hausse des prix des carburants, et maintient son appel à une grève illimitée à partir de lundi 13 avril.
Le bras de fer est désormais engagé. Faute d’accord satisfaisant avec les autorités, les organisations regroupées au sein de l’UIDER, qui fédère une vingtaine de syndicats représentant transporteurs, taxis, VTC, auto-écoles, infirmiers libéraux ou encore agriculteurs, annoncent un mouvement reconductible dès lundi 13 avril.
À l’issue de deux réunions organisées vendredi 10 avril, l’une avec la Région Réunion, l’autre en préfecture avec une participation en visioconférence des ministères des Transports et des Outre-mer, les représentants sont ressortis déçus, estimant que les réponses apportées restent en deçà des attentes.
Après la hausse brutale des prix, avec un gazole fixé à 1,77 euro et le sans-plomb à 1,96 euro au 1er avril, les professionnels dénoncent des aides jugées largement insuffisantes. Ils réclament notamment un gel des prix ou une compensation directe plus importante.
"Il y a des avancées, mais ce n’est pas suffisant", a notamment déclaré le porte-parole Vianney Settama, soulignant que la crise dépasse le seul cadre professionnel. "Nous sommes conscients que c’est une problématique qui concerne l’ensemble des Réunionnais (…) ce sont eux, avant tout, qui vont en pâtir".
Parmi les propositions évoquées, un dispositif équivalent à une baisse de 20 centimes par litre avancé par l’État est contesté par les syndicats. Selon eux, les mesures présentées correspondent en réalité à une compensation d’environ 25 % de la hausse du gazole. "Ce n’est pas des équivalents 20 centimes (...), ça représente à peu près 3 ou 4 centimes", a précisé Vianney Settama.
La Région Réunion a de son côté proposé une aide de 10 centimes par litre, financée notamment par la redistribution du surplus d’octroi de mer, ainsi que la mise en place d’une carte carburant. Des dispositifs jugés positifs, mais insuffisants pour absorber l’augmentation des coûts.
"Un combat pour l’ensemble de l’économie"
Loin des attentes initiales des transporteurs, qui espéraient une participation de 20 centimes par litre, les propositions actuelles reposent sur des forfaits adaptés par catégorie de véhicules, aboutissant selon l’intersyndicale à une ristourne limitée.
Les organisations affirment mener "un combat pour l’ensemble de l’économie" et appellent également les compagnies pétrolières à contribuer davantage à l’effort.
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À l’approche de lundi 13 avril, les modalités d’action se précisent. Des opérations escargots et des barrages filtrants pourraient être mis en place dès les premières heures sur les axes stratégiques de l’île, notamment la route du Littoral et les principales entrées de villes, faisant craindre de fortes perturbations.


