Vers un retour aux heures supplémentaires défiscalisées ? François Hollande n'y serait plus opposé

Serait-ce le retour du "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy ? Un conseiller de François Hollande assure que le président "n'est désormais plus opposé" au retour de la défiscalisation des heures supplémentaires, affirme Europe 1. C'est une volte-face pour le président qui avait détricoté la mesure, l'année dernière.
Bercy serait même déjà en train d'analyser la faisabilité du projet. Une proposition serait actuellement décortiquée: celle de Thierry Mandon, le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée. Une franchise d'impôts de 1.000 à 1.500 euros serait accordée aux salariés qui feraient des heures supplémentaires dans les PME-PMI. Les grandes entreprises ne seraient donc pas concernées par ce nouveau projet.
"Ce serait une mesure de pouvoir d'achat et de soutien à la consommation qui ne coûterait pas trop cher et qui pourrait tout à fait être présentée comme un dispositif de justice sociale et aussi d'accompagnement à la reprise attendue", estime Thierry Mandon. Cette franchise serait réintroduite dans le budget 2014 et pourrait coûter 800 millions d'euros à l'Etat.
De nombreux élus de gauche souhaitent le retour du dispositif
En revanche, le gouvernement ne souhaite pas réintroduire l'ensemble du dispositif de défiscalisation. Le montant total que cela coûterait aux régimes sociaux serait de l'ordre de 3 milliards d'euros de cotisations en année pleine.
Fin août dernier, plusieurs élus de gauche ont exprimé leur conviction par rapport à cette "erreur", privant des millions de salariés, modestes, d'un peu plus de pouvoir d'achat.
Le ministre du Travail, Michel Sapin, s'est déjà dit fermement opposé à la remise en question de la défiscalisation des heures supplémentaires. "Quand pour une entreprise, c'est moins cher de payer plusieurs salariés en heures supplémentaires que d'embaucher un salarié supplémentaire, eh bien, elle choisit la facilité, c'est-à-dire le chômage", affirme-t-il.
Il est rejoint dans ses propos par le chef de file des députés PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, qui a été clair : "il n'est pas question aujourd'hui, au moment où nous sommes engagés dans l'inversion de la courbe du chômage, de revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires."


