Une soixantaine de victimes en dix jours : le tribunal sanctionne les "raids" d’une équipe de jeunes cambrioleurs dionysiens sur la côte Ouest

Pendant dix jours, fin avril 2024, une équipe de jeunes Dionysiens avait multiplié cambriolages et vols à la roulotte dans l’Ouest de La Réunion, avant d’être appréhendés sur deux coups du sort. Au tribunal, certains ont écopé de prison ferme.
« Des erreurs de jeunesse » affirment les trois garçons à la barre, bien qu’encore dans leurs tendres années à seulement 20 et 24 ans. Des « erreurs » qui se sont répétées avec une intensité remarquable sur un laps de temps très court fin avril et début mai 2024, avant que policiers et gendarmes ne mettent un terme à leurs agissements.
Tout commence le 24 avril, quand les gendarmes de Saint-Paul sont destinataires de huit plaintes quasi-simultanées pour des vols à la roulotte commis durant la nuit à l’Hermitage.
Les plages de l'Ouest dans le viseur
Les voleurs, qui circulent à bord d’une Clio blanche de location comme le montrent les images de vidéosurveillance, brisent la vitre côté passager de véhicules en stationnement à l’aide d’une chaise de camping et s’emparent des objets de valeurs restés dans l’habitable. Les jours suivants, selon un mode opératoire similaire, ce type de vols dits "à la roulotte" va se multiplier en différents points de la commune : à Trou d’Eau, la Saline, et de nouveau à l’Hermitage.
A partir du 30 avril, la razzia continue, mais cette fois-ci avec une Peugeot 308 volée lors d’un home-jacking commis la veille à Saint-Paul. En à peine dix jours, ce sont plus de 60 victimes qui sont recensées, les voleurs n’hésitant pas à faire usage des quelques cartes bleues dérobées pour faire leurs achats. Il y en aurait peut-être eu plus encore sans deux coups du sort successifs.
Alors que les gendarmes cherchent à retrouver la Clio de location, ce sont les policiers de Saint-Denis qui tombent dessus, presque par hasard. Repérant le comportement « louche » de ses occupants, ils procèdent à leur contrôle le 2 mai dans le chef-lieu. A l’intérieur, deux jeunes majeurs et un mineur en possession d’armes blanches et de nombreux objets volés.
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Course-poursuite et accident
Le lendemain, ce sont les gendarmes qui repèrent la 308 volée du côté de Saint-Gilles. Au terme d’une longue course-poursuite, le conducteur de la 308 perd le contrôle du véhicule et provoque un accident à Saint-Denis. Là encore, une multitude d’objets volés, dont des cartes bleues, sont retrouvés à l’intérieur. Si les deux jeunes qui l’occupaient parviennent à s’enfuir, ils ont été identifiés et seront interpellés les jours suivants.
Au final, les gendarmes identifieront une bande à tiroirs de jeunes Dionysiens, six mineurs et trois jeunes majeurs, impliqués dans la série de « raids », dixit la présidente, opérés dans l’Ouest sur la période. Des jeunes qui faisaient le tri de leur butin non loin du collège de Montgaillard et ayant trouvé « leur point de chute » au domicile d’une mère de famille de 37 ans, qui apparaît comme la personne ayant loué la Clio utilisée durant la première phase de vols. Dans une chambre de son appartement dionysien, les enquêteurs découvrent une véritable caverne d’Ali Baba contenant des centaines d’objets volés.
Jugés vendredi 21 août, les jeunes majeurs reconnaissent les faits, et incriminent leur logeuse. « Elle avait conscience de ce qu’on faisait, elle a même profité des vols », assurent-ils. Elle, au contraire, affirme que les jeunes ont profité de son état de « faiblesse psychologique » pour l’intimider et se servir d’elle pour commettre leurs larcins, alors qu’elle jouait les chauffeurs sur les premiers voyages.
"Les assauts d'équipes mobiles et organisées"
« Ce n’est pas Ma Dalton, loin de là », plaide son avocat, alors que le parquet a requis six mois de prison avec sursis probatoire à son encontre. « Ils avaient pris le dessus sur elle, et tout s’est passé sur un laps de temps très court. Elle n’a pas eu le temps de réaliser », assure Me Norman Godon-Patel.
Contre les cambrioleurs et leurs « expéditions nocturnes en équipes mobiles et organisées », des peines de prison en partie assorties du sursis probatoire sont réclamées. « Ils ont mené de véritables assauts, faisant une multiplicité de victimes », pointe la procureure.
Ses réquisitions seront globalement suivies par le tribunal, l’un des prévenus déjà connu de la justice écopant d’un mandat de dépôt à l’audience. Et la petite bande n’en a pas fini avec les juges puisque plusieurs de ses membres sont mis en examen pour une autre série de faits postérieurs au 2 mai.
Reconnue coupable de recel et complicité, la mère de famille est condamnée quant à elle à un an de prison avec sursis.


